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GÉOPOLITIQUE

Élections en Zambie : une “success-story” économique face au verdict des urnes

Source unique·il y a 18 j

Alors que la Zambie s’apprête à voter le 13 août pour renouveler son président, le scrutin s’annonce comme un test pour Hakainde Hichilema, dont le bilan économique contrasté — entre redressement macroéconomique et crise sociale persistante — pourrait bien être mis à l’épreuve par une population en quête de résultats tangibles. Derrière l’image d’une « success-story » africaine, alimentée par la hausse des prix du cuivre et une restructuration de la dette, se cachent des fractures politiques et des défis structurels qui pourraient redéfinir la trajectoire démocratique du pays.

Quels sont les principaux indicateurs économiques qui fondent le récit d’une « success-story » zambienne sous Hichilema ?

Le redressement économique zambien repose sur trois piliers : la hausse des revenus tirés de l’exportation de cuivre, dont le pays est le deuxième producteur africain, avec des prix proches de records historiques en 2026 ; la restructuration réussie de la dette après le défaut de 2021 ; et une inflation maîtrisée couplée à des investissements accrus dans les infrastructures. Ces éléments ont permis une croissance des dépenses sociales, malgré un contexte de sécheresse dévastatrice en 2024 et une monnaie affaiblie.

Pourquoi l’opposition, menée par Brian Mundubile, pourrait-elle menacer la réélection de Hichilema malgré son bilan économique ?

Brian Mundubile, ancien allié du défunt président Edgar Lungu, mise sur des thèmes comme le chômage des jeunes, la réduction du coût de la vie et la méfiance envers les institutions pour capter un électorat insatisfait par la persistance de la pauvreté et de l’inflation, malgré les progrès macroéconomiques. Son programme répond directement aux frustrations sociales, là où Hichilema peine à traduire ses succès économiques en améliorations concrètes pour les citoyens.

Quels sont les risques pesant sur la crédibilité du processus électoral zambien en 2026 ?

Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent des restrictions aux libertés politiques, de réunion et d’expression, ainsi que des accusations de violence et de répression à l’encontre de l’opposition. Pour y répondre, l’Union européenne a déployé une centaine d’observateurs afin de garantir la transparence du scrutin, un signal de vigilance quant à la possibilité de fraudes ou d’irrégularités.

Comment la sécheresse de 2024 a-t-elle affecté l’économie zambienne, et quel a été son impact sur la campagne électorale ?

La sécheresse de 2024 a provoqué des récoltes détruites, paralysé la production hydroélectrique, affaibli la monnaie et entraîné des faillites d’entreprises privées d’électricité pendant plusieurs jours. Ces chocs, bien que partiellement compensés par des récoltes record de maïs en 2026, ont exacerbé les tensions sociales et servi de levier à l’opposition pour critiquer la gestion économique du gouvernement.

Ce que ça pourrait changer

Une réélection de Hichilema pourrait consolider le modèle zambien de transition démocratique et de croissance tirée par les matières premières, mais risquerait d’aggraver les fractures sociales si les inégalités persistent. À l’inverse, une victoire de Mundubile, bien que moins probable, pourrait marquer un tournant vers des politiques plus redistributives, au prix d’une possible instabilité politique si les réformes économiques s’en trouvent ralenties. La capacité du pays à concilier attractivité économique et justice sociale sera déterminante pour son avenir.

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