La France se qualifie au terme d’un match étouffant contre le Paraguay. Le Canada, premier pays hôte éliminé du tournoi
Les Bleus rencontreront le Maroc en quart de finale, le 9 juillet. Ce soir et cette nuit, deux autres huitièmes de finale au charme incontestable se disputeront : Brésil-Norvège à 22h, suivi de Mexique-Angleterre à 2h.
La France s'est qualifiée pour les quarts de finale de la Coupe du monde 2026 après un match très serré contre le Paraguay, joué dans des conditions extrêmes à Philadelphie. La température ressentie dépassait 40 degrés en raison d'un taux d'humidité élevé, ce qui a rendu le jeu particulièrement difficile. Le Paraguay a adopté une stratégie défensive très stricte, avec une ligne de cinq défenseurs et une autre de quatre milieux de terrain, limitant les espaces pour les Bleus. Malgré cette tactique agressive et des fautes non sanctionnées par l'arbitre, la France n'a réussi à marquer qu'à la 70e minute grâce à un penalty transformé par Kylian Mbappé après une faute non sifflée sur Désiré Doué. Ce but a été le seul de la rencontre. Mbappé a qualifié cette victoire de « sale », soulignant la capacité de l'équipe à s'adapter même dans des conditions défavorables.
Le Maroc a éliminé le Canada en huitièmes de finale grâce à une victoire 3-0, mais le résultat ne reflète pas la difficulté du match. En première mi-temps, le Canada a dominé et créé plusieurs occasions nettes, dont deux arrêts décisifs du gardien marocain Bonou ont empêché l'ouverture du score. À la fin du match, les statistiques des buts attendus (une mesure calculée à partir du nombre et de la qualité des occasions créées) donnaient même un léger avantage au Canada (0,84 contre 0,82). Ces chiffres bas montrent que le Maroc a su convertir ses rares tirs en buts, tandis que le Canada a manqué de réalisme. Le Canada devient ainsi le premier pays hôte éliminé de ce tournoi.
Les deux vainqueurs des matchs du 5 juillet affronteront deux nouvelles équipes en quarts de finale le 9 juillet. La France affrontera le Maroc, une rencontre qui rappelle leur demi-finale de 2022 (victoire 2-0 de la France) et qui prend une dimension particulière en raison des liens culturels entre les deux pays. En effet, la France compte de nombreux supporters marocains, et six joueurs de l'équipe du Maroc sont nés en France, dont Ayyoub Bouaddi, l'une des révélations du tournoi. Deux autres matchs sont programmés : Brésil contre Norvège à 22 heures et Mexique contre Angleterre à 2 heures du matin, heure française.
Le match entre le Brésil et la Norvège s'annonce comme un duel tactique de haut niveau. Ces deux équipes se sont affrontées à quatre reprises, avec deux victoires norvégiennes et deux matchs nuls. Leur dernière confrontation en Coupe du monde remonte à 1998, où la Norvège avait battu le Brésil 2-1 en phase de groupes. Aujourd'hui, le Brésil, dirigé par Carlo Ancelotti, a abandonné son style traditionnel de possession de balle pour adopter une approche plus pragmatique, patiente et solide. La Norvège, quant à elle, est une équipe complète capable de jouer de manière spéculative ou réfléchie, avec un attaquant redoutable comme Erling Haaland. Ce match promet d'être riche en combinaisons tactiques et en qualité de jeu.
Le match entre le Mexique et l'Angleterre se déroulera dans des conditions particulières en raison de l'altitude élevée de Mexico (2 240 mètres au-dessus du niveau de la mer). À cette altitude, la pression atmosphérique est plus faible, ce qui peut provoquer des vertiges, une fatigue accrue et une oxygénation moins efficace des joueurs. Les Mexicains, habitués à ces conditions, n'ont perdu que deux matchs officiels au stade Azteca depuis 2013, et jamais en Coupe du monde. L'Angleterre, contrainte par la FIFA de s'entraîner sur place seulement la veille, critique cette règle, car des études montrent qu'il faudrait arriver dix jours à l'avance pour s'acclimater. Le contexte culturel ajoute une dimension supplémentaire : le stade Azteca, avec ses 80 000 supporters mexicains, et le souvenir de la défaite anglaise contre l'Argentine en 1986, marquée par les buts légendaires de Maradona.
Le président de la FIFA, Gianni Infantino, affirme que la Coupe du monde 2026 générera 80 milliards de dollars de revenus pour l'économie mondiale. Cependant, cet optimisme est contesté par Matthias Fett, économiste au journal allemand *Der Spiegel*. Selon lui, l'étude commandée par la FIFA à OpenEconomics et sur laquelle s'appuie Infantino manque d'indépendance et d'objectivité. Fett explique que l'afflux de touristes pendant 39 jours ne suffira pas à créer de nouveaux emplois ou à augmenter durablement les salaires, car les prix (hôtels, transports) augmenteront proportionnellement, sans augmentation de l'offre. Il souligne aussi que les touristes non intéressés par le football pourraient éviter les villes hôtes, et que les spectateurs pourraient renoncer à acheter des billets en raison des hausses de prix. Fett estime que les 11 villes américaines concernées pourraient subir une perte nette de 50 à 67 milliards de dollars, soit une baisse de leur production économique de 1 à 1,4 %.

