Voici comment BC Wildfire a utilisé un drone contre un feu de forêt
L’utilisation de drone d’allumage était une première canadienne..
En juillet 2026, le service provincial de lutte contre les feux de forêt de la Colombie-Britannique, BC Wildfire, a utilisé pour la première fois au Canada un drone équipé d’un système d’allumage pour combattre un incendie actif. Cette opération, menée près de Boston Bar, a permis de ralentir la progression du complexe d’incendies de Brunswick Creek vers le fleuve Fraser. Jusqu’alors, les drones d’allumage étaient réservés aux brûlages dirigés, des opérations préventives visant à réduire les matières inflammables ou à régénérer les écosystèmes. Cette mission marque une avancée majeure, car elle démontre l’efficacité de cette technologie dans un contexte d’urgence, où les pompiers doivent agir rapidement pour protéger les populations et les infrastructures.
Le drone utilisé par BC Wildfire est équipé d’un distributeur de sphères de plastique, semblables à des balles de ping-pong, contenant des substances chimiques qui s’enflamment après un délai prédéfini. Ces sphères sont larguées avec précision sur une zone ciblée, permettant aux opérateurs d’ajuster la cadence et la répartition des foyers d’incendie. Un second drone, équipé de caméras thermiques et infrarouges, observe l’opération en temps réel. Il transmet des images aux pompiers au sol, leur offrant une vision claire à travers la fumée et leur permettant d’évaluer l’efficacité du brûlage. Cette technologie réduit les risques pour les équipes humaines, notamment dans des zones escarpées ou difficiles d’accès.
Le succès de cette opération repose sur une collaboration de six ans entre BC Wildfire et l’entreprise Hummingbird Drones, fondée par Richard Sullivan, un ancien pompier forestier. Hummingbird Drones a participé aux premiers tests de brûlage dirigé par drone en Colombie-Britannique dès 2020, bien que cette technologie soit déjà utilisée aux États-Unis et en Australie depuis plusieurs années. L’entreprise a également développé un logiciel d’analyse infrarouge nommé Nova, capable de détecter des milliers de foyers de feu sur des milliers d’hectares en moins de 12 heures. Auparavant, cette tâche était réalisée manuellement, ce qui était long et fastidieux. Cette coopération a permis d’affiner les outils et les méthodes pour une utilisation optimale.
Malgré ce succès, Fons Raedschelders, surintendant des feux culturels et dirigés de BC Wildfire, rappelle que le drone n’est qu’un outil parmi d’autres dans l’arsenal de lutte contre les incendies. Le défi principal réside dans son intégration sécurisée et efficace dans les opérations existantes. Cependant, cette technologie ouvre la voie aux développements futurs, comme l’ajout de capteurs pour mesurer en temps réel la qualité de l’air ou les conditions météorologiques. Richard Sullivan, de son côté, envisage d’étendre les opérations nocturnes, où le comportement des feux est généralement plus prévisible. L’objectif est de partager cette expertise avec d’autres provinces canadiennes pour améliorer la gestion des incendies à l’échelle nationale.

