Une Hongkongaise escroquée d’une somme record par de faux policiers de Chine continentale
Pendant un mois, une ressortissante de Hong Kong a fait l’objet d’un chantage par des malfaiteurs qui se faisaient passer pour des agents des forces de l’ordre chinois, en l’accusant d’un crime qu’elle n’avait pas commis..
Une femme de 43 ans résidant à Hong Kong a été victime d’une escroquerie téléphonique d’un montant record de près de 69 millions de dollars hongkongais, soit plus de 7,6 millions d’euros. Cette somme a été perdue entre le 2 juillet et le 1er août 2026. L’arnaque a été menée par des fraudeurs se faisant passer pour des policiers de Chine continentale. Ces derniers ont contacté la victime en lui accusant d’avoir commis un crime, puis lui ont demandé de verser de l’argent pour prouver son innocence. La victime a finalement contacté la police de Hong Kong, qui lui a confirmé que les appels provenaient d’escrocs.
Les fraudeurs ont utilisé une technique classique d’arnaque téléphonique, appelée vishing (contraction de voice et phishing), où ils se font passer pour des représentants officiels, ici des policiers de Chine continentale. Ils ont usurpé des numéros de téléphone officiels pour donner une apparence de légitimité à leurs demandes. La victime, croyant parler à de vrais agents, a été manipulée psychologiquement pour transférer des fonds. Cette méthode est particulièrement efficace car elle exploite la peur de la justice et la méfiance envers les autorités. À Hong Kong, les arnaques téléphoniques utilisant de faux numéros officiels sont parmi les fraudes financières les plus courantes.
Cette victime n’est pas un cas isolé. Au premier trimestre 2026, plus de 40 étudiants originaires de Chine continentale et résidant à Hong Kong ont également été victimes de ce type d’escroquerie. Le montant maximal perdu par une de ces victimes s’élevait à 8 millions de dollars hongkongais, soit environ 885 000 euros. Ces chiffres montrent que cette méthode frauduleuse est répandue et touche des populations spécifiques, souvent des personnes originaires de Chine continentale, qui pourraient être plus vulnérables en raison de leur méconnaissance du système judiciaire hongkongais ou de leur crainte des autorités chinoises.
La victime a contacté la police de Hong Kong, la seule autorité compétente dans ce cas, pour signaler l’arnaque. Les autorités hongkongaises ont confirmé que les appels provenaient de fraudeurs et non de policiers. Cette affaire illustre l’importance de vérifier l’authenticité des demandes émanant d’autorités, même lorsque les numéros semblent officiels. Les forces de l’ordre hongkongaises rappellent régulièrement que les arnaques téléphoniques utilisant de faux numéros officiels sont en hausse et appellent à la prudence. Aucune information n’est donnée sur des arrestations ou des mesures prises pour lutter contre ces fraudes.
Les escrocs ont exploité la réputation de la police chinoise pour intimider la victime. En Chine continentale, les forces de l’ordre jouissent d’une image de fermeté et d’efficacité, ce qui peut rendre les citoyens plus enclins à obéir sans poser de questions. Cette perception est renforcée par le système judiciaire chinois, où les aveux sont souvent obtenus sous pression. Les fraudeurs ont donc utilisé cette crainte pour forcer la victime à coopérer, en lui faisant croire qu’elle risquait des poursuites judiciaires ou des sanctions sévères. Cette stratégie est courante dans les arnaques transnationales, où les escrocs se font passer pour des représentants d’autorités étrangères.

