EN DIRECT Incendie en Gironde : le feu est « stabilisé, mais pas fixé »
La progression de l'incendie a ralenti en Gironde, lundi 27 juillet, mais les pompiers craignent le retour de la canicule dans les jours à venir. Suivez notre direct.
Un mégafeu ravage la Gironde depuis le 22 juillet 2026, ayant déjà détruit 42 000 hectares de forêt. Le feu, bien que ralenti dans la nuit du 26 au 27 juillet, reste « stabilisé mais pas fixé », selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Cela signifie que l’incendie n’a pas progressé, mais qu’il n’est pas maîtrisé et pourrait repartir, notamment avec le retour de la canicule prévu à partir du 29 juillet. Au total, 220 000 personnes ont été évacuées et 240 maisons ont été détruites. D’autres incendies sévissent simultanément dans les Pyrénées-Orientales, le Var et en Corse, faisant de 2026 une année exceptionnelle avec 115 000 hectares brûlés en France.
Les feux de forêt en France ont déjà rejeté 1,4 million de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère entre janvier et juillet 2026, selon le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis). Ce chiffre dépasse la moyenne des vingt dernières années, estimée à 1 million de tonnes, soit environ 0,25 % des émissions annuelles de gaz à effet de serre du pays. Ces émissions pourraient encore augmenter, car l’Effis ne prend pas en compte la combustion de la matière organique du sol, comme la lignite présente dans les Landes. Ces feux détruisent aussi des puits de carbone naturels, dont la régénération prendra plusieurs décennies.
L’incendie en Gironde est si intense qu’il a généré un pyrocumulonimbus, un nuage orageux créé par les feux. Ce phénomène rare en France se forme lorsque la chaleur extrême du feu fait monter l’air chaud et humide, formant un nuage qui peut produire des éclairs et son propre vent. La Nasa qualifie ce nuage de « dragon cracheur de feu » en raison de sa dangerosité. Ces pyrocumulonimbus rendent les incendies encore plus imprévisibles et difficiles à combattre, car ils amplifient les conditions propices à la propagation des flammes.
La philosophe Joëlle Zask, autrice de Quand la forêt brûle, décrit la période actuelle comme le Pyrocène, ou « ère du feu », marquée par des mégafeux d’une intensité inédite. Elle souligne que ces catastrophes sont liées aux émissions de gaz à effet de serre et appelle à repenser la gestion des forêts. Parmi ses propositions : le débroussaillage, la plantation de végétaux moins inflammables, l’éloignement de la végétation des habitations, et la réintroduction d’animaux comme les chevreuils ou les sangliers, qui éclaircissent naturellement les forêts. Elle critique aussi les plantations massives de pins dans les Landes, jugées trop inflammables.
Les conséquences de l’incendie en Gironde sont visibles depuis l’espace, grâce aux images capturées par les satellites du programme européen Copernicus. Ces clichés, pris les 6 et 27 juillet 2026, montrent les zones brûlées en marron et les panaches de fumée en rouge. Le bassin d’Arcachon est particulièrement touché. Ces images permettent aux autorités et aux scientifiques de suivre l’évolution des feux en temps réel et d’évaluer l’ampleur des dégâts sur de vastes territoires.
Malgré une accalmie temporaire, les pompiers restent en alerte maximale en Gironde. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a mis en garde contre un « comportement complètement erratique » du feu, qui pourrait repartir avec l’arrivée de la canicule. Les conditions météo, comme la chaleur et le vent, jouent un rôle clé dans la propagation des incendies. Les autorités appellent à la prudence, car même stabilisé, le feu n’est pas éteint et pourrait s’étendre à nouveau dans les prochains jours.

