Les élus pressés d’en faire plus pour le transport sur la Rive-Sud de Montréal
Le fait que les autobus et les stationnements du REM soient bondés complique les déplacements dans la région..
Depuis la rentrée scolaire de 2026, le réseau de transport collectif exo sur la Rive-Sud de Montréal fait face à une forte hausse de fréquentation. Selon Marc Rousseau, directeur général d’exo, l’achalandage a augmenté de 2 à 4 % dans certains secteurs de la Montérégie. Cette croissance a entraîné des situations de surcharge, avec plus de 400 usagers de la Couronne-Sud qui n’ont pas pu monter à bord d’un ou deux autobus en septembre 2026, faute de place. Exo est une société de transport collectif qui dessert notamment les banlieues de Montréal, en partenariat avec les municipalités locales. La clientèle d’exo est composée à près de 50 % d’étudiants, une population essentielle pour réduire la congestion routière. Leur insatisfaction est palpable, comme en témoigne Fatimata, une étudiante qui critique le coût élevé des passes d’autobus et les retards fréquents liés à l’affluence. Le problème s’explique en partie par l’absence de financement supplémentaire depuis la pandémie de COVID-19, limitant la capacité du réseau à 95 % de son niveau d’avant 2020.
Le sous-financement chronique du transport collectif en Montérégie aggrave la situation. Marilyn Nadeau, présidente de la Table des préfets et élus de la Couronne-Sud, souligne que le gouvernement québécois s’est retiré en 2025 d’un programme de compensation destiné aux municipalités rurales. Ce programme, qui injectait 5 millions de dollars par an, permettait de financer le transport dans 19 municipalités, dont certaines en Montérégie. Depuis ce retrait, le budget a été réduit à 2,5 millions de dollars par an, privant plusieurs territoires de services essentiels. Résultat : 11 municipalités de la région n’ont aucun réseau de transport collectif, et 8 autres, comme Saint-Mathieu-de-Beloeil, ne proposent qu’un service limité aux heures de pointe. Marilyn Nadeau dénonce cette situation, soulignant que la population croissante nécessite au contraire une offre de service accrue. Elle réclame un financement plus stable et une décentralisation des décisions pour adapter les solutions aux besoins locaux.
Le Réseau express métropolitain (REM), un train léger automatisé reliant Montréal à la Rive-Sud, connaît une fréquentation record depuis la rentrée scolaire de 2026. Selon Francis Labbé, directeur adjoint aux relations médias de CDPQ Infra (l’entreprise responsable du projet), le REM enregistre environ 130 000 passages par jour depuis septembre 2026, soit 40 % de plus que les prévisions initiales. Cette affluence crée des problèmes de stationnement aux abords des stations, avec des places souvent saturées dès 7 heures du matin, notamment les lundis et mercredis. Eloah Opimbat, une utilisatrice, confirme ces difficultés, notant que même à cette heure, il est parfois impossible de trouver une place. CDPQ Infra travaille sur des solutions, comme des pistes d’amélioration pour les prochaines semaines, tout en rappelant que des alternatives comme le vélo, les transports en commun ou l’autopartage (Communauto est cité comme exemple) pourraient aider à désengorger les stations. Le REM, inauguré récemment, marque une étape majeure pour le transport en commun dans la région.
Face à ces constats, les élus locaux et les dirigeants de transport collectif pressent le nouveau gouvernement du Parti québécois, en place depuis octobre 2026, d’agir rapidement. Marc Rousseau, de *exo*, espère obtenir un financement additionnel pour améliorer la capacité du réseau et éviter de perdre des usagers, notamment les étudiants. Il a indiqué qu’une rencontre avec le ministre des Transports serait sollicitée dès sa nomination. Marilyn Nadeau, pour sa part, demande un financement plus pérenne et une meilleure coordination entre Québec et les municipalités pour développer des solutions adaptées. Les enjeux sont doubles : répondre à la demande croissante tout en évitant une dégradation du service existant. Les prochaines semaines pourraient être décisives pour l’avenir du transport collectif sur la Rive-Sud.

