“Il nous déteste plus que l’Iran”, Trump veut cesser tout échange commercial avec l’Espagne
Mercredi 8 juillet, dans le cadre du sommet de l’Otan à Ankara, Donald Trump s’en est pris frontalement à l’Espagne en menaçant de “cesser tout échange commercial” avec Madrid. Un scénario qui se répète et qui, évidemment, fait réagir la presse espagnole..
Lors d'un sommet de l'OTAN à Ankara en Turquie le 8 juillet 2026, le président américain Donald Trump a critiqué publiquement l'Espagne, la qualifiant de mauvais partenaire au sein de l'Alliance. Il a déclaré vouloir cesser tout échange commercial avec ce pays, y compris les visites officielles, en affirmant : « L'Espagne est un très mauvais partenaire au sein de l'OTAN. Elle ne participe pas, elle ne paie pas. Je ne veux plus avoir affaire à l'Espagne. Cessez tout commerce avec l'Espagne, s'il vous plaît, y compris les visites. » L'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) est une alliance militaire créée en 1949 pour garantir la sécurité collective de ses membres. Trump reproche à l'Espagne de ne pas contribuer suffisamment financièrement à l'organisation, une critique récurrente envers certains alliés européens.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a minimisé ces déclarations, affirmant avoir eu une conversation informelle et détendue avec Trump lors du sommet, sans tension apparente. Il a évoqué des échanges sur le football et la Coupe du monde nord-américaine de 2026. Cette réaction s'explique en partie par le fait que, en 2025, Trump avait déjà menacé l'Espagne de droits de douane élevés sans que cela ne se concrétise. De plus, selon les règles de l'Union européenne (UE), un pays ne peut pas rompre ses échanges commerciaux avec un seul État membre sans affecter tous les autres, car l'UE fonctionne comme un marché unique où les règles sont communes à ses 27 pays membres. Sánchez a donc pu compter sur ce cadre juridique pour relativiser les propos de Trump.
Les médias espagnols comme El País ont souligné que les menaces de Trump, notamment celle d'exclure l'Espagne de l'OTAN, n'ont aucun fondement juridique. Les traités de l'OTAN stipulent que l'exclusion d'un membre nécessite l'unanimité des autres pays, ce qui rend une telle décision impossible sans un consensus impossible à obtenir. Par ailleurs, l'article rappelle que l'Espagne est un partenaire historique des États-Unis au sein de l'OTAN, où elle contribue militairement et participe à des missions de sécurité collective. Les propos de Trump s'inscrivent dans une série de tensions récurrentes entre les États-Unis et certains alliés européens, notamment sur les questions de financement de l'Alliance.
En Espagne, l'éditorialiste **Matías Vallés** du *Diario de Mallorca* a réagi avec ironie et exaspération aux déclarations de Trump, comparant l'Espagne à l'**Iran** dans ce qu'il qualifie de *« nouvel axe du mal »*, une référence à l'expression utilisée par l'ancien président américain **George W. Bush** en **2002** pour désigner des pays accusés de soutenir le terrorisme. Vallés a évoqué une possible escalade rhétorique, allant jusqu'à imaginer un slogan *« Bomb Spain »*, bien que cette hypothèse reste symbolique et sans fondement concret. Les médias espagnols ont analysé ces propos comme une nouvelle manifestation des tensions entre Trump et ses alliés européens, tout en soulignant que les menaces commerciales ou politiques restent, pour l'instant, sans effet réel.

