“On ne veut pas voir ses animaux mourir” : en France, alerte canicule dans les élevages de volailles
La France entière suffoque sous la chaleur. Si celle-ci est difficile à supporter pour la majorité des êtres vivants, elle peut être rapidement fatale pour les poulets ou les dindes.
Le 23 juin 2026, la France enregistre un record de chaleur avec des températures extrêmes. Dans une ferme de volailles située à L’Huisserie en Mayenne, une éleveuse nommée Isabelle Renaudier découvre que 1 500 poulets sont morts en quelques heures dans un bâtiment non adapté. Ces volatiles, âgés de 19 jours seulement et destinés à l’abattoir, n’ont pas survécu à la surchauffe. L’agricultrice décrit un choc émotionnel, évoquant un cœur brisé face à cette perte massive. Les poulets, contrairement à d’autres animaux, ne peuvent pas transpirer pour réguler leur température corporelle, car leurs plumes les en empêchent. Leur seule méthode de refroidissement est le halètement, un processus énergivore qui peut entraîner une déshydratation rapide et fatale.
Les poulets sont particulièrement vulnérables aux vagues de chaleur en raison de leur physiologie. Leur incapacité à transpirer les rend dépendants du halètement pour évacuer la chaleur, un mécanisme qui consomme beaucoup d’énergie et d’eau. Dans les élevages intensifs, où les animaux atteignent leur taille adulte en seulement cinq semaines, le problème est encore plus marqué. Leur métabolisme accéléré les rend plus sensibles à la surchauffe, car leur corps produit davantage de chaleur interne. Les volailles élevées en plein air, comme celles de l’exploitation de Renaudier, ne sont pas épargnées, mais leur exposition directe au soleil aggrave leur situation. Ces animaux, conçus pour une production rapide et économique de viande maigre, se révèlent inadaptés à un climat de plus en plus chaud.
Les élevages intensifs de volailles, qui privilégient une croissance ultra-rapide pour répondre à la demande des supermarchés et des boucheries, présentent des risques accrus lors des canicules. Les poulets y sont élevés dans des bâtiments souvent mal isolés contre la chaleur, avec une densité élevée d’animaux. Leur métabolisme rapide, optimisé pour une prise de poids en un temps record, les rend incapables de supporter des températures élevées sans conséquences graves. En France, ces élevages fournissent une part importante de la viande de volaille consommée, mais leur modèle est aujourd’hui remis en cause par les changements climatiques. Les éleveurs comme Renaudier, qui pratiquent un élevage plus traditionnel, subissent aussi les effets de la chaleur, mais avec des pertes moins massives.
Face à ces pertes, les éleveurs expriment un sentiment d’impuissance et de détresse. Isabelle Renaudier, dont la ferme familiale élève des volailles depuis des générations, décrit une situation insoutenable où des années de travail peuvent être anéanties en quelques heures. Les éleveurs soulignent l’absence de solutions immédiates pour protéger leurs animaux lors des canicules, notamment dans les élevages en plein air. Les bâtiments d’élevage intensif, bien que souvent équipés de systèmes de ventilation, ne sont pas toujours suffisants pour faire face à des températures records. Les éleveurs appellent à une prise de conscience collective des risques liés au changement climatique, qui menace directement leur activité et leur bien-être animal.
La canicule du 23 juin 2026 s’inscrit dans une tendance de réchauffement climatique global, avec des vagues de chaleur de plus en plus fréquentes et intenses en France. Les scientifiques alertent depuis des années sur les conséquences de ces changements sur les écosystèmes et les activités humaines, notamment l’agriculture. Les élevages de volailles, déjà fragilisés par des pratiques intensives, deviennent un symbole des défis posés par le réchauffement. Les éleveurs, souvent en première ligne face à ces bouleversements, voient leurs conditions de travail se dégrader et leur rentabilité menacée. Cette situation interroge sur l’adaptation nécessaire des modèles agricoles pour préserver à la fois les animaux, les éleveurs et l’approvisionnement alimentaire.

