Prix des carburants : en Hongrie, une aide aux automobilistes qui “ne résout rien”
Les propriétaires d’une auto roulant au diesel recevront 5 000 forints (14 euros) par mois jusqu’à la fin de l’année. Objectif : compenser la flambée mondiale du prix des carburants provoquée par la guerre en Iran.
En Hongrie, le gouvernement a mis en place une aide financière temporaire pour les propriétaires de véhicules diesel afin de compenser la hausse des prix des carburants, provoquée notamment par la guerre en Iran. Cette subvention s’élève à 5 000 forints par mois (soit environ 14 euros) et sera versée jusqu’à la fin de l’année 2026. Elle concerne environ 1 million de personnes, principalement les détenteurs de voitures diesel d’une puissance maximale de 150 chevaux. L’objectif est de réduire l’impact de la flambée des prix sur les ménages, alors que le prix du gazole a dépassé 700 forints (1,92 euro) par litre dans le pays. Cette mesure a été adoptée rapidement par le Parlement hongrois après son annonce le 11 septembre 2026.
Le financement de cette aide provient en partie d’une augmentation des taxes sur les produits du tabac. Les versements seront effectués à quatre reprises : les 30 septembre, 30 octobre, 13 novembre et 7 décembre 2026. Les bénéficiaires sont les propriétaires de véhicules diesel immatriculés avant le 1er janvier 2026. Ceux qui ont acheté un véhicule en cours d’année recevront leur première aide le 30 octobre. Les paiements se feront par virement bancaire ou par courrier. Cette subvention s’applique également aux entrepreneurs individuels, aux petits producteurs et aux agriculteurs, à condition que le véhicule soit immatriculé au nom d’un particulier. Pour les acteurs du secteur agricole, les droits d’accise (taxes sur les carburants) seront intégralement récupérables afin d’éviter une hausse des coûts de transport et des denrées alimentaires.
Cette aide est critiquée pour plusieurs raisons. D’abord, elle ne concerne qu’un quart des automobilistes hongrois, excluant notamment les propriétaires de voitures à essence et ceux dont le véhicule dépasse 150 chevaux. Ensuite, le montant de 5 000 forints (14 euros) par mois est jugé insuffisant face à la hausse des prix du carburant. Certains estiment que cette mesure ne résout pas le problème de fond, car elle ne permet pas de réduire durablement le coût des carburants. Par ailleurs, les personnes sans véhicule craignent une augmentation des prix des produits de consommation courante en raison des coûts de transport. Enfin, le plafonnement des prix, qui avait été levé en juin 2026, n’est pas envisagé par le gouvernement hongrois, car il pourrait entraîner des pénuries et un coût budgétaire trop élevé (entre 137 et 275 millions d’euros par mois).
Cette mesure s’inscrit dans un contexte de forte inflation et de tensions géopolitiques, notamment en raison de la guerre en Iran, qui a perturbé les approvisionnements en pétrole. Le Premier ministre hongrois, Peter Magyar, a justifié cette aide comme une solution rapide et provisoire, plus équitable que le maintien d’un prix plafonné à la pompe. Il a également souligné que le retour à un prix plafonné coûterait entre 50 et 100 milliards de forints (137 à 275 millions d’euros) par mois au budget de l’État, ce qui pèserait sur les contribuables. Certains experts, comme Tamas Mellar, estiment que cette aide est une bonne décision, mais qu’elle aurait dû être mise en place plus tôt. Ils suggèrent qu’elle pourrait être étendue ultérieurement aux véhicules à essence.
Les réactions au sein de la population hongroise sont mitigées. Certains automobilistes estiment que l’aide est insuffisante face à la hausse des prix, tandis que d’autres dénoncent l’exclusion des propriétaires de véhicules puissants ou à essence. Les personnes sans véhicule s’inquiètent d’une possible hausse des prix des produits de consommation courante, en raison de l’augmentation des coûts de transport. Par ailleurs, certains critiquent le fait que les ménages les plus modestes, qui n’ont pas les moyens de faire face à la hausse des prix, soient incités à utiliser leur voiture plutôt qu’à privilégier les transports en commun. En Hongrie, les transports en commun ne sont pas toujours une alternative viable pour remplacer la voiture, ce qui rend cette aide encore plus limitée dans son impact réel.

