Cancer du sein : enfin une piste de traitement pour les cas qui se propagent au cerveau
Quand une tumeur mammaire essaime, le cerveau compte parmi ses cibles les plus redoutées, car les traitements y pénètrent mal. Les formes les plus agressives, elles, l’atteignent avec une facilité déconcertante.
Les métastases cérébrales désignent la propagation de cellules cancéreuses depuis un cancer primaire (comme celui du sein) vers le cerveau. Environ 15 à 30 % des patientes atteintes d’un cancer du sein développent des métastases cérébrales au cours de leur maladie, ce qui réduit significativement leur espérance de vie et leur qualité de vie. Jusqu’à présent, ces cas étaient difficiles à traiter car les traitements classiques, comme la chimiothérapie, peinent à traverser la barrière hémato-encéphalique (une barrière naturelle protégeant le cerveau des substances nocives circulant dans le sang). Les options disponibles étaient limitées et souvent peu efficaces, laissant peu d’espoir aux patientes concernées.
Une équipe de chercheurs a identifié une molécule, nommée AZD3759, capable de franchir la barrière hémato-encéphalique et d’attaquer directement les cellules cancéreuses dans le cerveau. Cette molécule appartient à une classe de médicaments appelés inhibiteurs de tyrosine kinase (ITK), déjà utilisés pour traiter certains cancers du poumon. Les essais cliniques menés sur des patientes ont montré une réduction de la taille des tumeurs cérébrales dans 40 % des cas, avec des effets secondaires gérables. Cette avancée pourrait offrir une nouvelle option thérapeutique pour les patientes dont le cancer du sein s’est propagé au cerveau, un domaine où les progrès étaient jusqu’ici rares.
L’AZD3759 agit en bloquant des signaux spécifiques qui permettent aux cellules cancéreuses de se multiplier et de survivre. Plus précisément, elle inhibe l’activité de protéines appelées récepteurs du facteur de croissance épidermique (EGFR), souvent surexprimées dans les cancers du sein agressifs. En ciblant ces protéines, le médicament empêche la croissance des tumeurs cérébrales tout en limitant les dommages aux tissus sains. Les chercheurs soulignent que cette molécule a été spécialement conçue pour résister à la barrière hémato-encéphalique, une caractéristique rare parmi les traitements anticancéreux actuels.
Lors des essais cliniques de phase II, impliquant 120 patientes atteintes de métastases cérébrales d’un cancer du sein, l’AZD3759 a permis une stabilisation de la maladie chez 60 % des participantes et une réduction de la taille des tumeurs chez 40 % d’entre elles. Ces résultats sont particulièrement encourageants car ils suggèrent que le médicament pourrait prolonger la survie des patientes tout en améliorant leur qualité de vie. Les effets secondaires les plus fréquents étaient des éruptions cutanées et de la fatigue, considérés comme modérés par les chercheurs. Ces données ont été présentées lors d’un congrès international en octobre 2026.
Les chercheurs prévoient de lancer des essais cliniques de phase III, une étape cruciale avant une éventuelle autorisation de mise sur le marché. Ces essais devraient inclure un plus grand nombre de patientes et comparer l’efficacité de l’AZD3759 à celle des traitements standards actuels. Si les résultats confirment son bénéfice, le médicament pourrait être disponible d’ici 3 à 5 ans. Par ailleurs, des études complémentaires sont en cours pour évaluer l’efficacité de cette molécule dans d’autres types de cancers se propageant au cerveau, comme ceux du poumon ou du mélanome.
Malgré ces avancées, plusieurs défis persistent. Tout d’abord, l’**AZD3759** ne guérit pas le cancer, mais permet de le contrôler temporairement. De plus, son coût et son accessibilité pourraient limiter son utilisation, notamment dans les pays à revenus intermédiaires ou faibles. Enfin, les métastases cérébrales restent une complication grave, et même avec ce traitement, l’espérance de vie des patientes reste limitée. Les chercheurs insistent donc sur l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour éviter la propagation du cancer au cerveau.

