L’interview d’Emmanuel Macron trahit le “nouveau sentiment d’impuissance de la France”
Dans son interview sur TF1 et France 2, jeudi 24 septembre, le président de la République a annoncé l’envoi de moyens militaires en Arabie saoudite pour assurer l’approvisionnement en pétrole et faire baisser les prix des carburants en France. Mais le quotidien allemand “Süddeutsche Zeitung” y voit l’inverse de l’effet recherché : un signe d’impuissance..
Le 24 septembre 2026, le président français Emmanuel Macron a accordé une interview télévisée sur les chaînes France 2 et TF1, d’une durée de quarante minutes. Cet entretien, diffusé en direct depuis l’Élysée, a été animé par les journalistes Gilles Bouleau et Caroline Roux. L’interview s’est déroulée dans un contexte marqué par des tensions internationales et des préoccupations économiques en France. Macron y a abordé plusieurs sujets majeurs, notamment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que la hausse des prix des carburants en France. Les médias ont souligné le caractère solennel de cette intervention, typique des interventions présidentielles en période de crise.
Emmanuel Macron a évoqué la situation internationale, en particulier les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. Ces conflits, toujours actifs en 2026, ont des répercussions directes sur l’économie mondiale et européenne, notamment en perturbant les approvisionnements en énergie. La Russie, dont la menace est perçue comme croissante, joue un rôle central dans ces tensions. Ces éléments ont été rappelés lors d’un discours à l’ONU en début de semaine, avant l’interview télévisée. Les craintes portent notamment sur une escalade militaire et ses conséquences économiques, comme la hausse des prix de l’énergie.
L’un des sujets centraux de l’interview a été la hausse des prix des carburants en France. Cette augmentation, perçue comme une crise par les automobilistes, a poussé le gouvernement à chercher des solutions. Macron a réaffirmé sa volonté d’agir, mais sans recourir à des mesures fiscales immédiates comme une baisse des taxes sur les carburants. Il a préféré privilégier une approche internationale pour stabiliser les approvisionnements et faire baisser les prix. Cette stratégie vise à éviter une crise sociale liée au coût de l’énergie, tout en maintenant une politique économique globale.
Pour sécuriser les approvisionnements en pétrole, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi de moyens militaires français en Arabie saoudite. Ces moyens ont pour objectif de protéger le terminal pétrolier de Yanbu, situé sur la mer Rouge. Ce site est stratégique car il permet le transit d’hydrocarbures, alors que le détroit d’Ormuz, autre point clé pour le transport du pétrole, reste bloqué. Les attaques menées par les houthistes, un groupe armé pro-iranien, ont rendu ce terminal vulnérable. La mission française se limite à la protection des infrastructures, sans engagement direct dans le conflit en cours.
La décision de protéger Yanbu illustre une stratégie énergétique axée sur la sécurité des approvisionnements plutôt que sur des mesures fiscales internes. En évitant de baisser immédiatement les taxes sur les carburants, le gouvernement cherche à préserver les recettes fiscales tout en agissant sur les causes profondes de la hausse des prix. Cette approche repose sur l’idée que la stabilité des prix dépend avant tout de la sécurité des routes maritimes et des infrastructures pétrolières. Elle s’inscrit dans une logique de coopération internationale, avec une implication militaire ciblée pour éviter une escalade des conflits.

