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L’IA générative, une révolution dans les comportements politiques et électoraux ?

The Conversation France · mis à jour il y a 18 j

Les usages politiques et électoraux de l’intelligence artificielle (IA) générative sont de plus en plus discutés dans le débat public. Selon certains acteurs, ils seraient susceptibles de remodeler nos systèmes démocratiques et notre rapport à la politique.

Intérêt croissant pour l'IA

Un sondage mené en France révèle que 1 Français sur 4 envisage d'utiliser des outils d'intelligence artificielle générative comme ChatGPT, Gemini ou Le Chat lors de la prochaine campagne présidentielle. Parmi eux, 22 % souhaiteraient s'en servir pour étudier les programmes des candidats et 10 % pour les aider à choisir leur vote. Ces chiffres, bien que basés sur des projections hypothétiques, illustrent l'attention portée à ces technologies dans le débat politique. L'IA générative désigne des systèmes capables de produire du texte, des images ou des données de manière autonome, sans intervention humaine directe. Ces outils sont perçus tantôt comme une menace pour la démocratie, en raison de risques de désinformation ou d'ingérences étrangères, tantôt comme une opportunité pour simplifier l'accès aux informations politiques et encourager la participation citoyenne.

Usages politiques encore rares

Malgré leur popularité croissante, les outils d'IA générative restent peu utilisés à des fins politiques en France. Une étude internationale de 2024 montre que seulement 5 % de la population les emploie pour consulter l'actualité, un chiffre bien inférieur aux 48 % qui déclarent utiliser l'IA en général en 2025. Une enquête menée à Lille après les élections municipales de 2026 confirme cette tendance : seuls 14 % des habitants ont utilisé l'IA pour s'informer sur la politique en général, et 8 % pour les élections. Pourtant, 76 % des Lillois utilisent déjà ces outils dans d'autres domaines. Ces résultats soulignent que l'IA générative n'est pas encore intégrée dans les pratiques politiques quotidiennes, contrairement à d'autres usages numériques.

Profil des utilisateurs

L'utilisation de l'IA à des fins politiques ne semble pas liée à un profil sociodémographique précis. Contrairement aux idées reçues, elle n'est pas réservée aux personnes très intéressées par la politique, ni aux jeunes en compensation d'un faible engagement politique. Les analyses montrent que ni le genre, ni le niveau de diplôme, ni l'intérêt général pour la politique n'influencent significativement cette pratique. Seul l'âge joue un rôle : les moins de 30 ans sont plus nombreux à utiliser l'IA pour s'informer sur la politique (24 % pour la politique en général, 12 % pour les élections), mais cela reste une minorité même dans cette tranche d'âge. Ces usages relèvent davantage d'une exploration ponctuelle que d'une adoption structurée.

Impact limité sur les votes

L'enquête lilloise révèle que les électeurs ayant utilisé l'IA pour s'informer sur la politique ou les élections ont davantage voté pour les partis La France Insoumise (LFI) et le Rassemblement National (RN). Par exemple, alors que LFI représente 16 % de l'échantillon, il compte pour 22 % des utilisateurs politiques de l'IA et 32 % des utilisateurs électoraux. De même, le RN passe de 7 % à 10 % et 14 % respectivement. Cependant, ces écarts sont faibles et pourraient s'expliquer par l'âge des électeurs de ces partis, souvent plus jeunes, plutôt que par un effet direct de l'IA. Les utilisateurs électoraux de l'IA ne sont pas moins abstentionnistes, mais légèrement moins non-inscrits (11 % contre 15 %). Ces résultats suggèrent que l'IA n'a pas encore un impact structurant sur les comportements électoraux.

Ce que ça pourrait changer

Les résultats de l'enquête mettent en lumière un écart important entre les discours médiatiques, qui présentent l'IA générative comme une révolution des comportements politiques, et la réalité empirique. Les usages politiques de l'IA restent marginaux et s'inscrivent davantage dans une continuité des pratiques existantes qu'ils ne transforment radicalement les habitudes électorales. Contrairement à d'autres technologies numériques, comme les réseaux sociaux, l'IA générative ne semble pas créer de fracture sociale (*AI divide*) ou politique marquée. Les variables sociodémographiques classiques (âge excepté) n'ont qu'un rôle limité, ce qui indique que ces usages sont encore peu stabilisés et dépendent fortement des contextes individuels. L'IA apparaît donc comme un outil complémentaire plutôt que comme un facteur déterminant dans les choix électoraux.

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