Moyen-Orient : pourquoi des expatriés choisissent de rester à Dubaï
Malgré les frappes qui ont visé Dubaï au début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, de nombreux expatriés préfèrent rester dans le Golfe, séduits par les perspectives professionnelles et le niveau de vie. Un paradoxe raconté par “The Irish Times”..
Depuis le 28 février 2026, date du début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran, les pays du Golfe (comme Dubaï ou Bahreïn) ont vu leur réputation de havre de paix fortement ébranlée. Les images de missiles frappant Dubaï lors de ce conflit ont marqué les esprits, rappelant que cette région, souvent perçue comme stable, peut être touchée par des tensions géopolitiques majeures. Pourtant, malgré ces événements, certains expatriés continuent de considérer ces territoires comme des lieux sûrs, notamment pour leur niveau de vie élevé et leurs opportunités professionnelles. Cette contradiction illustre la complexité des choix des expatriés, partagés entre la peur des risques et l’attrait des avantages offerts par ces pays.
Meghan O’Riordan, une Irlandaise de 29 ans, a quitté son pays en 2023 pour travailler dans une entreprise de vente de logiciels à Dubaï. Après avoir été évacuée vers Dublin lors du début de la guerre en février 2026, elle est rapidement revenue dans l’émirat. Pour elle, Dubaï offre des possibilités professionnelles et une qualité de vie bien supérieures à celles de l’Irlande, où elle était serveuse. Elle décrit la ville comme un lieu unique, qu’elle surnomme ‘Barbieland’ en raison de son aspect clinquant et lumineux. Son témoignage reflète l’attachement de nombreux expatriés à ce mode de vie, malgré les risques perçus.
Les expatriés à Dubaï ou Bahreïn bénéficient de plusieurs atouts majeurs : une sécurité relative, un niveau de vie élevé et des perspectives professionnelles attractives. Cependant, cette stabilité apparente coexiste avec des craintes persistantes liées aux tensions régionales. Certains craignent notamment que les conflits confessionnels entre chiites et sunnites (deux branches de l’islam) ne dégénèrent en violences ouvertes. Malgré ces risques, Meghan O’Riordan souligne que la ville est perçue comme un endroit si sûr que ses habitants « oublient parfois où elle se trouve ». Cette ambivalence – entre sécurité réelle et risques potentiels – explique pourquoi certains expatriés choisissent de rester.
La communauté irlandaise à Dubaï est particulièrement touchée par ces questionnements. Si certains expatriés sont déjà rentrés chez eux ou envisagent de partir après quelques années, d’autres, comme Meghan O’Riordan, restent attachés à leur vie sur place. Les raisons de leur présence varient : opportunités professionnelles, avantages fiscaux ou simplement une qualité de vie difficile à retrouver ailleurs. Cependant, la surveillance étroite des communications par les autorités locales ajoute une couche d’incertitude, renforçant le sentiment d’une vie en bulle protégée mais potentiellement fragile.
Le conflit entre les **États-Unis et l’Iran** en 2026 a servi de révélateur pour les pays du Golfe, souvent perçus comme des refuges stables dans une région instable. Les **tensions entre chiites et sunnites**, déjà présentes, pourraient s’aggraver en cas d’escalade des violences. Ces dynamiques internes, combinées à des menaces externes comme les frappes de missiles, créent un environnement où la sécurité n’est jamais totale. Pourtant, pour beaucoup d’expatriés, les avantages concrets de la vie locale l’emportent sur ces risques, du moins à court terme.

