NapseflowNapseflow
Recherche

Pourquoi les hommes mangent ils plus de viande que les femmes ?

The Conversation France · mis à jour 26 juil.

Réduire notre consommation de viande est l’un des leviers les plus efficaces pour limiter l’impact environnemental de notre alimentation. Pourtant, les hommes restent nettement plus réticents que les femmes à adopter des régimes végétariens ou végétaliens – et même à consommer des substituts de viande.

Écart de consommation

Dans les pays occidentaux, les hommes consomment en moyenne plus de viande que les femmes, avec des écarts marqués dans plusieurs pays. En France en 2018, 9 % des femmes se déclaraient végétariennes contre seulement 2 % des hommes. Aux États-Unis, en Australie et en Allemagne, des études similaires révèlent des différences comparables. Ces écarts persistent malgré l'augmentation des préoccupations environnementales. Une étude longitudinale sur quinze ans auprès d’étudiants américains montre que les femmes adoptent progressivement des régimes végétariens, tandis que les habitudes alimentaires des hommes restent stables, avec une consommation de viande peu réduite. Ces différences ne s’expliquent pas uniquement par des besoins nutritionnels ou des contraintes économiques, mais suggèrent l’existence de freins sociaux et symboliques spécifiques liés au genre.

Viande et virilité

La viande, en particulier la viande rouge, est historiquement associée à des valeurs de force, de puissance et de virilité dans de nombreuses cultures occidentales. À l’inverse, les fruits, les légumes ou les plats végétariens sont souvent perçus comme « légers », « sains » ou « délicats », des qualités culturellement associées au féminin. Une étude sur 137 enfants italiens de 4 à 6 ans a révélé que les garçons associent implicitement la viande à des visages masculins et les légumes à des visages féminins, tandis que les filles ne montrent pas ce lien automatique. Ces stéréotypes trouvent leur origine dans une construction sociale ancienne, où la consommation de viande était réservée aux élites et aux hommes, participant à la reproduction des hiérarchies sociales et de genre.

Symbolique historique

L’association entre viande et masculinité remonte à des périodes historiques précises. Par exemple, pendant la Première Guerre mondiale, l’État français accordait aux soldats des rations de viande bien supérieures à celles des civils, avec 400 à 500 grammes de viande par jour, soit trois à quatre fois plus que la consommation civile habituelle. La viande rouge, perçue comme un aliment nutritif et revitalisant, était associée au maintien de la force du soldat. Elle portait également une forte dimension symbolique, devenant un marqueur de puissance et de virilité, notamment pour le combattant. Ces stéréotypes alimentaires restent très présents aujourd’hui, comme le montrent des travaux en psychologie.

Perception du véganisme

Le véganisme est majoritairement perçu comme une pratique féminine dans l’imaginaire collectif. Dans une étude menée auprès de 291 étudiants français, les participants ont estimé que 16,01 % des femmes étaient véganes contre seulement 8,47 % des hommes. Une autre étude a montré que lorsqu’un individu est décrit comme végan, il est spontanément perçu comme moins susceptible d’être un homme. Ces représentations sont renforcées par le marketing alimentaire, qui associe souvent la viande à des valeurs comme la performance et la force, tandis que les substituts végétaux sont perçus comme moins conformes aux normes traditionnelles de masculinité. Pour certains hommes, adopter un régime végan peut être vécu comme une remise en cause de leur identité masculine.

Menace masculine et choix alimentaires

Une étude a exploré l’impact d’une menace sur la masculinité perçue des hommes et leurs choix alimentaires. Des participants masculins ont été placés en situation de menace masculine via un test évaluant leurs connaissances liées à la masculinité, suivi d’un faux feedback les situant soit en dessous de la moyenne des hommes du pays (condition de menace) soit au niveau de la moyenne (condition de contrôle). Les hommes menacés dans leur masculinité exprimaient ensuite une moindre intention d’achat pour des produits végans, comme des nuggets végans, comparés à des plats carnés. Cela illustre comment les normes de genre peuvent influencer les décisions alimentaires, même de manière inconsciente.

Ce que ça pourrait changer

Pour séduire un public masculin, certaines marques de substituts de viande adaptent leur communication. Une étude a montré que l’utilisation d’une police d’écriture perçue comme « masculine » (police *Display*) plutôt que « féminine » (police *Script*) augmentait l’intention d’achat chez les hommes pour des produits végans, sans modifier le produit lui-même. Cette stratégie vise à désamorcer les barrières symboliques liées au genre. Par exemple, la marque Sojasun a lancé une campagne publicitaire ironisant sur les stéréotypes associés aux hommes végétariens ou végans, qualifiés de *« soy boys »*, en proposant une image ultra-masculine de consommateurs de produits végétaux.

Sujets complémentaires
Mille millions de mille cyborgs ! Pourquoi les pirates informatiques demandent de plus en plus de rançons en cryptomonnaies
L’ESSENTIEL Les rançongiciels, ces logiciel bloquant l’accès à un ordinateur en volant ses données en échange d’une rançon, ont rapporté plus de 800 millions de dollars en 2025. Pour partir avec leur butin, les pirates du Web passent de plus en plus par les cryptomonnaies, plus rémunératrices et moins traçables. Les positions ambiguës des États, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, brouillent encore plus les pistes pour les gendarmes financiers. Cet été , une cyberattaque d’ampleur a touché le système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le vol de données fiscales et cadastrales de 678 000 particuliers et professionnels. Les fuites : noms, prénoms, adresses po
Les faucons russes, idéologues du conservatisme modernisateur
Depuis les années 1960, des idéologues soviétiques puis russes ont développé une théorie associant traditionalisme et modernisation technologique pour promouvoir un État autoritaire de type stalinien. Leur influence ne résulte pas seulement de la diffusion de leurs idées, mais aussi de leur capacité à s’organiser en réseaux et à tirer parti d’un pluralisme idéologique toujours strictement encadré par le pouvoir. Dans son livre les Faucons russes. Des idéologues au service de l’empire. De 1960 à nos jours , paru le 17 septembre aux Presses universitaires de France, Juliette Faure, professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles, retrace la généalogie de ce mouvement et montre comment, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ses thèmes impérialistes, anti-occidentaux et conservateurs ont retrouvé une place centrale. Extraits. Aux origines du conservatisme modernisateur</h2

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.