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Environnement

25 °C au robinet : les vagues de chaleur pourraient favoriser la légionellose

Reporterre · mis à jour il y a 18 j

41 personnes ont contracté la légionellose en Savoie, au cours de l'été. La bactérie qui cause cette grave infection pourrait trouver des conditions plus favorables à son développement dans un environnement qui se réchauffe.

Vagues de chaleur et eau chaude

Les vagues de chaleur entraînent une hausse des températures de l'eau dans les réseaux de distribution d'eau potable. En France, des relevés ont montré que l'eau pouvait atteindre 25 °C au robinet, un seuil inhabituellement élevé. Cette température favorise la prolifération de bactéries, notamment celles responsables de la légionellose, une infection pulmonaire grave. Les réseaux d'eau chaude, comme ceux des hôpitaux ou des hôtels, sont particulièrement concernés car ils maintiennent l'eau à des températures élevées pour éviter les contaminations par d'autres bactéries. Cependant, cette pratique crée un environnement propice au développement de la légionelle, une bactérie naturellement présente dans l'eau mais inoffensive à basse température.

La légionellose expliquée

La légionellose est une infection pulmonaire causée par une bactérie appelée Legionella pneumophila. Elle se transmet par inhalation de micro-gouttelettes d'eau contaminée, par exemple en prenant une douche ou en utilisant un climatiseur. Les symptômes ressemblent à ceux d'une grippe sévère : fièvre, toux, difficultés respiratoires. Dans les cas graves, la maladie peut être mortelle, avec un taux de mortalité estimé entre 10 % et 15 % en France. Les personnes les plus vulnérables sont les personnes âgées, les fumeurs, les immunodéprimés ou celles souffrant de maladies chroniques. En 2022, la France a enregistré 1 500 cas de légionellose, un chiffre en hausse depuis plusieurs années.

Températures critiques pour la bactérie

La bactérie Legionella se développe particulièrement bien entre 25 °C et 45 °C, avec un pic d'activité autour de 37 °C. En dessous de 20 °C, elle reste inactive, et au-dessus de 60 °C, elle est détruite. Les réseaux d'eau chaude, maintenus à des températures comprises entre 50 °C et 60 °C pour éliminer d'autres bactéries, créent donc un environnement idéal pour la prolifération de la légionelle. Les vagues de chaleur, en réchauffant l'eau des réseaux, rapprochent les températures des seuils critiques. En 2022, des températures de 25 °C ont été mesurées dans les réseaux d'eau potable en France, un phénomène rare qui s'est répété en 2023.

Risques accrus en période estivale

Les périodes de canicule augmentent les risques de contamination par la légionellose pour deux raisons principales. D'abord, les réseaux d'eau potable et d'eau chaude sont soumis à une pression accrue, ce qui peut fragiliser leur étanchéité et favoriser la stagnation de l'eau, un environnement propice aux bactéries. Ensuite, les températures élevées de l'air et de l'eau accélèrent la multiplication des Legionella. En 2022, une étude a montré que le nombre de cas de légionellose augmentait de 20 % pendant les vagues de chaleur par rapport aux autres périodes de l'année. Les régions les plus touchées sont celles où les températures estivales sont les plus élevées, comme le sud de la France.

Mesures de prévention existantes

Pour limiter les risques, les autorités sanitaires recommandent de maintenir les réseaux d'eau chaude à une température minimale de 55 °C à la sortie des ballons d'eau chaude, et de 50 °C au robinet. Elles conseillent également de rincer les douches et les robinets inutilisés pendant plusieurs minutes avant de les utiliser, afin d'évacuer l'eau stagnante. Les établissements recevant du public, comme les hôpitaux ou les hôtels, sont tenus de respecter des normes strictes de contrôle et d'entretien des réseaux d'eau. En 2023, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a rappelé l'importance de ces mesures, notamment en période de canicule.

Limites des solutions actuelles

Malgré les mesures de prévention, les vagues de chaleur rendent difficile le maintien des températures à des niveaux sûrs. En effet, refroidir l'eau des réseaux pour éviter la prolifération des Legionella peut favoriser la croissance d'autres bactéries, comme les Pseudomonas, responsables d'infections nosocomiales. De plus, les infrastructures vieillissantes des réseaux d'eau en France compliquent la régulation des températures. Selon l'Agence nationale de santé publique (Santé publique France), 30 % des réseaux d'eau potable en France ont plus de 50 ans, ce qui augmente les risques de stagnation et de contamination. Les collectivités locales et les gestionnaires de réseaux doivent donc trouver un équilibre entre différentes contraintes sanitaires.

Ce que ça pourrait changer

Les collectivités locales jouent un rôle clé dans la prévention des risques liés à la légionellose. Elles sont responsables de la gestion des réseaux d'eau potable et d'eau chaude, et doivent veiller au respect des normes sanitaires. En période de canicule, elles sont incitées à renforcer les contrôles et à informer les habitants des bonnes pratiques, comme éviter de prendre des douches trop longues ou de laisser couler l'eau chaude inutilement. Certaines communes, comme celles de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ont mis en place des plans d'action spécifiques pour limiter les risques lors des vagues de chaleur. Ces plans incluent des campagnes de sensibilisation et des inspections accrues des réseaux.

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