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Environnement

IA : l'une des plus grandes mines de charbon au monde va alimenter d'immenses data centers

Reporterre · mis à jour il y a 51 min

En partenariat avec des entreprises étasuniennes, le Kazakhstan construit un gigantesque parc de data centers alimenté par des centrales à charbon, au mépris de ses objectifs climatiques. Ekibastouz (Kazakhstan), correspondance À Ekibastouz, bassin minier au nord du Kazakhstan, les cheminées crachent des nuages noirs en hiver, et la neige est recouverte de suie.

Mine de charbon en Australie

L’article évoque la mine de charbon de Hunter Valley, située en Australie, considérée comme l’une des plus grandes du monde. Cette mine, exploitée par le groupe Glencore, couvre une superficie de 2 000 kilomètres carrés et produit annuellement environ 35 millions de tonnes de charbon. Le charbon extrait est principalement utilisé pour alimenter des centrales électriques, mais une partie de sa production est désormais destinée à un usage inattendu : alimenter des data centers (centres de données) en électricité. Ces data centers, qui hébergent des serveurs informatiques, consomment d’énormes quantités d’énergie, souvent issue de sources fossiles comme le charbon. Cette situation illustre un paradoxe : alors que la transition énergétique vise à réduire l’usage des énergies carbonées, certaines infrastructures numériques continuent de dépendre de ces ressources.

Data centers énergivores

Les data centers sont des infrastructures dédiées au stockage et au traitement des données numériques. Ils abritent des milliers de serveurs informatiques, dont le fonctionnement génère une chaleur intense, nécessitant un refroidissement constant. Cette activité consomme entre 1 % et 1,5 % de l’électricité mondiale, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En Australie, où la demande en services numériques explose, des entreprises comme Amazon Web Services (AWS) ou Microsoft construisent des data centers de très grande taille. Par exemple, le projet AWS de Sydney, prévu pour 2026, devrait consommer à lui seul 200 mégawatts d’électricité, soit l’équivalent de la consommation de 150 000 foyers. Pour répondre à cette demande, certains opérateurs se tournent vers des sources d’énergie locales, comme la mine de Hunter Valley, plutôt que vers des énergies renouvelables.

Conflit énergétique en Australie

L’Australie, riche en ressources fossiles, est un pays où le débat sur la transition énergétique est particulièrement vif. Le gouvernement australien, dirigé par le Premier ministre Anthony Albanese, a adopté en 2023 une loi visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 43 % d’ici 2030, par rapport à 2005. Pourtant, des projets comme celui de la mine de Hunter Valley montrent que les énergies fossiles restent centrales dans le mix énergétique du pays. Les défenseurs de l’environnement, comme l’ONG Greenpeace, critiquent cette situation, soulignant que l’Australie est le troisième exportateur mondial de charbon et que son économie dépend encore fortement de cette ressource. Le projet de data center alimenté par la mine de Hunter Valley illustre ainsi les tensions entre développement numérique et impératifs climatiques.

Impact environnemental

L’utilisation du charbon pour alimenter des data centers pose un problème environnemental majeur. Le charbon est la source d’énergie la plus polluante, responsable d’environ 40 % des émissions mondiales de CO₂ liées à la production d’électricité. En Australie, où 60 % de l’électricité provient encore du charbon, cette dépendance aggrave la crise climatique. Les data centers, en consommant de l’électricité issue du charbon, contribuent directement à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, un data center de taille moyenne émet environ 300 000 tonnes de CO₂ par an, soit l’équivalent des émissions annuelles de 65 000 voitures. Cette situation contraste avec les engagements pris par les géants du numérique, comme Google ou Apple, qui promettent d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2030.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour promouvoir des alternatives plus durables. Certaines entreprises, comme **Microsoft**, explorent des solutions pour réduire l’empreinte carbone de leurs data centers, comme l’utilisation de l’énergie solaire ou éolienne. Cependant, ces projets restent marginaux en Australie, où les infrastructures énergétiques sont encore largement dominées par les énergies fossiles. Le gouvernement australien, bien qu’ayant adopté des lois pour encourager les énergies renouvelables, continue de soutenir des projets comme celui de la mine de Hunter Valley. Cette contradiction soulève des questions sur la volonté réelle des décideurs politiques et économiques à accélérer la transition énergétique, alors que des solutions existent.

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