Valérie Plante devient experte invitée à l’Université de Montréal
Elle abordera les thèmes de la démocratie, de la participation citoyenne et des changements climatiques..
Après dix mois d'absence médiatique, Valérie Plante, ancienne mairesse de Montréal, réapparaît comme experte invitée à la Maison des affaires publiques et internationales de l’Université de Montréal. Cette structure est un espace dédié à l’étude des enjeux politiques et sociaux, où des personnalités expérimentées partagent leur expertise avec des chercheurs et étudiants. Plante, qui a dirigé la ville de Montréal de 2017 à 2021, y abordera la question de la collaboration entre le monde politique et le milieu universitaire. Elle souligne l’importance de baser les décisions sur la science, les données et la recherche, tout en reconnaissant les barrières de communication entre ces deux univers, comme les silos (terme désignant des structures ou groupes qui fonctionnent de manière isolée) et les jargons spécifiques.
Valérie Plante rejoint une liste de personnalités publiques ayant occupé des postes politiques majeurs, comme Thomas Mulcair (ancien chef du Nouveau Parti démocratique), Stéphane Dion (ancien chef du Parti libéral du Canada) et Véronique Hivon (ancienne députée du Parti québécois). Son rôle consistera à transmettre son expérience du pouvoir et de la mécanique politique aux étudiants et chercheurs. Le doyen de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, Frédéric Bouchard, insiste sur l’importance des expériences humaines significatives dans l’enseignement, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), qui bouleverse les méthodes d’évaluation et d’apprentissage. Plante participera ainsi à des confrontations de points de vue, un principe central de l’université, où la diversité des opinions est encouragée pour enrichir les débats.
Valérie Plante adopte une posture critique envers certaines politiques environnementales mises en place après son mandat. Elle copréside notamment l’alliance pancanadienne Retroussons-nous les manches pour le climat, qui milite contre les reculs climatiques. Elle cite comme exemples les décisions du gouvernement Carney concernant les voitures électriques (soutien réduit) et les énergies fossiles (investissements maintenus ou augmentés). Pour elle, ces choix représentent un recul dans la lutte contre le changement climatique. Elle propose des solutions alternatives, comme la création d’une banque d’infrastructure municipale à l’échelle nationale, inspirée d’un modèle existant en Colombie-Britannique (province canadienne). Cette banque permettrait de financer des projets urbains durables, un enjeu majeur pour les villes face aux défis climatiques.
Depuis son départ de la mairie en 2021, Valérie Plante s’est consacrée à plusieurs projets. Elle a terminé l’écriture de son premier roman, *Grenades*, publié en septembre 2026 aux *Éditions Leméac*. Parallèlement, elle anime l’émission *Ça brasse en ville*, diffusée sur *TV5*, où elle explore des solutions urbaines innovantes à travers le monde. Lors d’un voyage comparatif, elle a souligné la résilience et l’engagement positif de la population montréalaise, qu’elle avait parfois sous-estimés pendant son mandat en raison des tensions politiques. Malgré ces activités, elle n’exclut pas un retour en politique, mais précise qu’elle n’envisage pas cette option à court terme, préférant se concentrer sur des actions transformatrices hors de l’arène politique.

