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Géopolitique

En Afrique du Sud, la montée de la xénophobie fait craindre une pénurie de main-d’œuvre

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Plusieurs secteurs s’inquiètent d’un manque de travailleurs en Afrique du Sud alors que plus de 67 000 migrants africains, en majorité illégaux, ont quitté le pays en raison de violentes manifestations xénophobes..

Départ massif des migrants

En Afrique du Sud, au moins 67 000 migrants africains, principalement en situation irrégulière selon le gouvernement sud-africain, ont quitté le pays en peu de temps. Cette fuite massive est principalement due à des raids antimigrants dans les townships (quartiers pauvres souvent informels), à la peur de manifestations hostiles ou à la crainte des contrôles policiers ciblant les étrangers. Les migrants provenaient majoritairement des pays voisins, comme le Zimbabwe ou le Mozambique. Le secteur de la canne à sucre, situé dans la région du KwaZulu-Natal, a été particulièrement touché, avec des producteurs perdant jusqu’à 80 % de leur main-d’œuvre presque du jour au lendemain.

Pénurie dans l'agriculture

La disparition brutale des travailleurs migrants a créé une pénurie de main-d’œuvre dans les champs de canne à sucre, un secteur clé pour l’économie locale. Les producteurs de la région de Komatipoort et de Durban rapportent que la récolte est retardée, ce qui menace la viabilité des sucreries. Par exemple, un producteur a perdu une centaine de coupeurs de canne, et n’a pu en remplacer qu’une vingtaine. Les autres secteurs économiques sont également touchés, bien que moins documentés. Les producteurs décrivent cette situation comme un vide difficile à combler, soulignant que les travailleurs locaux ne sont pas suffisamment nombreux ou formés pour prendre le relais.

Origine des tensions

Les tensions xénophobes en Afrique du Sud ont pris de l’ampleur en mai 2024, avec des mouvements exigeant le départ des migrants illégaux. Ces mouvements ont été déclenchés par des frustrations économiques et sociales, souvent attribuées à la présence des migrants perçus comme des concurrents sur le marché du travail. Les townships, quartiers informels où vivent de nombreux Sud-Africains pauvres, sont des foyers de ces tensions. Les raids policiers, qui visent à identifier et expulser les migrants en situation irrégulière, ont également alimenté la peur et poussé à l’exode. Ces événements s’inscrivent dans un contexte plus large de montée des discours anti-immigration en Afrique du Sud.

Ce que ça pourrait changer

La pénurie de main-d’œuvre dans l’agriculture menace directement la production de canne à sucre, une culture majeure pour l’économie du *KwaZulu-Natal*. Les sucreries locales risquent de voir leurs coûts augmenter ou leurs rendements diminuer, ce qui pourrait affecter leur compétitivité. Par ailleurs, cette situation aggrave les difficultés des producteurs, déjà confrontés à des défis climatiques et économiques. Les retards dans la récolte pourraient aussi avoir des répercussions sur les industries dépendantes du sucre, comme la fabrication de produits alimentaires ou de boissons. Les producteurs soulignent que le remplacement des travailleurs migrants par des locaux est complexe, en raison d’un manque de compétences ou de motivation.

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