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Environnement

Les insectes s'écrasent-ils toujours autant contre les voitures ? À vous de compter !

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

Un nouveau programme de science participative demande aux conducteurs de photographier les insectes écrasés sur leur plaque d'immatriculation. Le but : les compter et les identifier pour mieux comprendre leur déclin.

Phénomène des insectes

L'article aborde le phénomène où les insectes entrent en collision avec les véhicules en mouvement, souvent appelé splat en anglais, en référence aux traces laissées sur les pare-brises. Ce phénomène est étudié pour évaluer l'état des populations d'insectes, dont certaines espèces sont en déclin. Les scientifiques s'appuient sur des données collectées par des citoyens, comme le projet Insectageddon, qui invite le public à compter les insectes écrasés sur leurs véhicules lors de trajets en voiture. L'objectif est de mesurer l'abondance relative des insectes sur plusieurs années et d'identifier d'éventuels changements dans leurs populations.

Projet Insectageddon

Le projet Insectageddon est une initiative citoyenne lancée en 2020 par l'association britannique Buglife et relayée en France par l'association OPIE (Office pour les Insectes et leur Environnement). Il repose sur la participation du public pour recueillir des données scientifiques. Les participants sont invités à noter le nombre d'insectes écrasés sur leur pare-brise après un trajet en voiture, en précisant la durée du trajet et le type de route emprunté. Ces données permettent aux chercheurs d'analyser les tendances des populations d'insectes sur de larges zones géographiques et de comparer les résultats d'une année à l'autre.

Données et observations

Les premières observations du projet Insectageddon en 2020 ont révélé une baisse significative du nombre d'insectes écrasés sur les pare-brises par rapport aux décennies précédentes. Par exemple, une étude allemande de 2017 avait estimé une diminution de 75 % des populations d'insectes volants depuis 1989. Les données collectées dans le cadre du projet Insectageddon montrent une tendance similaire, bien que moins marquée, avec une baisse de 50 % des insectes écrasés sur les véhicules entre 2020 et 2021. Ces chiffres soulignent l'urgence de mieux comprendre les causes de ce déclin.

Causes du déclin

Plusieurs facteurs sont évoqués pour expliquer le déclin des populations d'insectes. Parmi eux, la destruction des habitats naturels due à l'urbanisation et à l'agriculture intensive joue un rôle majeur. L'utilisation massive de pesticides, comme les néonicotinoïdes, est également pointée du doigt, car ces substances sont toxiques pour les insectes. Le changement climatique, avec des hivers plus doux et des étés plus secs, perturbe également les cycles de vie des insectes. Enfin, la pollution lumineuse et les collisions avec les véhicules contribuent à réduire leurs populations.

Rôle des citoyens

Les citoyens jouent un rôle clé dans la collecte de données pour le projet Insectageddon. En participant, ils contribuent à une base de données scientifique qui serait impossible à constituer sans leur aide. Chaque observation compte, même si elle semble anecdotique, car elle permet de dresser un tableau plus large des tendances des populations d'insectes. Les organisateurs du projet encouragent les participants à partager leurs résultats via une plateforme en ligne, où les données sont centralisées et analysées par des chercheurs. Cette approche collaborative illustre l'importance de la science citoyenne dans la recherche environnementale.

Ce que ça pourrait changer

Les données collectées dans le cadre du projet *Insectageddon* présentent certaines limites. Par exemple, elles ne couvrent pas toutes les espèces d'insectes et dépendent de la participation des citoyens, ce qui peut introduire des biais. De plus, le nombre d'insectes écrasés sur un pare-brise ne reflète pas nécessairement l'abondance réelle des insectes dans un écosystème, car il est influencé par des facteurs comme la vitesse du véhicule ou les conditions météorologiques. Malgré ces limites, ces données offrent une indication précieuse des tendances générales des populations d'insectes.

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