Au Mondial de l’auto, à Paris, la bataille des constructeurs chinois et européens
Du 12 au 18 octobre, 28 marques européennes vont affronter 24 fabricants chinois pour tenter d’endiguer la vague de véhicules venant de Chine, en hausse de 100 % en 2025 par rapport à 2024. L’accord conclu vendredi 9 octobre à Pékin pour réduire de plus de moitié les importations chinoises de véhicules hybrides en Europe arrive à point nommé..
Le Mondial de l’auto de Paris, qui se déroule du 12 au 18 octobre 2026 au parc des expositions de Versailles, est présenté comme un champ de bataille entre constructeurs automobiles européens et chinois. Cet événement, traditionnellement un lieu de démonstration de l’innovation et de la puissance industrielle européenne, est désormais marqué par une compétition accrue avec les fabricants asiatiques. Avec 28 marques européennes et 24 chinoises présentes, le salon reflète une tendance où les véhicules chinois gagnent en visibilité et en attractivité sur le marché européen. La presse internationale utilise des termes comme riposte, invasion, bataille ou choc pour décrire cette confrontation, soulignant l’ampleur du défi pour les constructeurs européens face à la montée en puissance de leurs concurrents chinois.
En 2025, les importations de véhicules chinois en Europe ont augmenté de 100 % par rapport à 2024, marquant une croissance spectaculaire. Cette hausse s’explique notamment par une stratégie agressive des constructeurs chinois, confrontés à un ralentissement de leur marché intérieur et à une concurrence accrue en Asie. Face à cette vague chinoise, les entreprises européennes tentent de protéger leurs parts de marché. Un accord conclu le 9 octobre 2026 à Pékin prévoit une réduction de plus de moitié des importations de véhicules hybrides chinois en Europe, ce qui pourrait atténuer temporairement la pression concurrentielle. Cependant, cette mesure reste limitée aux véhicules hybrides, laissant les autres segments du marché ouverts à la concurrence asiatique.
Les constructeurs chinois misent sur des prix compétitifs et des technologies innovantes pour séduire les consommateurs européens, tandis que les marques européennes, comme Stellantis (propriétaire de Citroën, Peugeot, etc.), ripostent en mettant en avant des modèles électriques ou hybrides. Par exemple, Citroën a dévoilé une version électrique de sa mythique 2 CV lors du salon, avec l’ambassadeur Omar Sy comme porte-parole. Les médias soulignent que les constructeurs chinois, autrefois perçus comme des suiveurs, affichent désormais une confiance croissante et une ambition claire : conquérir le marché européen. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où les véhicules chinois occupent désormais une place centrale sur le salon, avec une vingtaine de marques asiatiques présentes parmi les 60 exposantes.
Le Mondial de l’auto de Paris n’est pas seulement une vitrine technologique, mais aussi un symbole des rapports de force économiques entre l’Europe et la Chine. Les constructeurs européens, déjà fragilisés par des coûts de production élevés et une transition difficile vers l’électrique, voient dans cette concurrence asiatique une menace majeure pour leur survie. Les médias européens, comme *The Economist* ou la *Frankfurter Allgemeine Zeitung*, décrivent cette confrontation comme un *dernier round* d’une bataille plus large, où l’industrie automobile européenne pourrait perdre son leadership historique. L’enjeu dépasse le simple cadre commercial : il touche à l’emploi, à l’innovation et à la souveraineté industrielle du continent.

