Les couche-tards ont plus de mal à travailler jusqu'à la retraite que les lève-tôt
Les couche-tard présenteraient un risque d'invalidité 70 % plus élevé que les lève-tôt, indépendamment du diplôme ou des revenus, selon une étude finlandaise de grande ampleur..
Une étude récente montre que les personnes ayant un rythme de sommeil tardif, appelées couche-tards ou chronotypes du soir, rencontrent plus de difficultés à maintenir une carrière professionnelle jusqu’à l’âge de la retraite par rapport aux lève-tôt ou chronotypes du matin. Ces derniers, dont le pic d’énergie et de vigilance se situe tôt dans la journée, s’adaptent mieux aux horaires de travail classiques, souvent calés sur une journée de 9h à 18h. À l’inverse, les couche-tards voient leurs performances décliner en journée, ce qui peut entraîner des difficultés à respecter les exigences professionnelles sur le long terme. Cette différence s’explique par des variations biologiques dans la production de mélatonine, une hormone régulant le sommeil, et dans la température corporelle, deux facteurs qui influencent directement le rythme circadien. Le rythme circadien est un cycle biologique d’environ 24 heures qui régule les processus physiologiques, comme le sommeil, la digestion ou la production d’hormones.
Les chercheurs ont observé que les couche-tards ont un risque accru de 10 à 20 % de quitter prématurément le marché du travail par rapport aux lève-tôt. Cette tendance s’accentue avec l’âge, notamment après 50 ans, où les contraintes professionnelles (horaires fixes, réunions matinales, etc.) deviennent plus difficiles à concilier avec un rythme de sommeil décalé. Les couche-tards sont également plus susceptibles de souffrir de troubles du sommeil, comme l’insomnie, ou de problèmes de santé liés au stress, ce qui peut aggraver leur situation. Par exemple, une étude citée dans l’article indique que 30 % des travailleurs de nuit ou aux horaires décalés développent des troubles chroniques du sommeil, contre 10 % pour ceux travaillant de jour. Ces problèmes de santé peuvent entraîner des arrêts maladie plus fréquents ou une baisse de productivité, facilitant les décisions de départ anticipé.
Face à ce constat, certaines entreprises commencent à adapter leurs politiques pour mieux intégrer les couche-tards. Par exemple, des organisations en Europe et aux États-Unis expérimentent des horaires flexibles ou des postes en télétravail pour permettre aux employés de travailler selon leur rythme naturel. Cependant, ces initiatives restent minoritaires et se heurtent souvent à des contraintes organisationnelles ou économiques. Les entreprises qui ne s’adaptent pas risquent de perdre des talents ou de voir leur productivité diminuer, notamment dans des secteurs où la créativité et l’innovation sont cruciales. L’article souligne que les secteurs comme la recherche, l’art ou les technologies pourraient particulièrement bénéficier de cette flexibilité, car les couche-tards y sont statistiquement plus nombreux.
Pour les *couche-tards* souhaitant prolonger leur carrière, les experts recommandent plusieurs stratégies. D’abord, optimiser leur environnement de travail en évitant les réunions matinales et en privilégiant des horaires adaptés à leur rythme. Ensuite, améliorer leur hygiène de sommeil en limitant les écrans avant le coucher et en maintenant une routine régulière, même le week-end. Enfin, ils peuvent consulter un médecin spécialiste du sommeil pour évaluer d’éventuels troubles comme le *syndrome de retard de phase du sommeil* (SRPS), une condition où le rythme circadien est décalé de plusieurs heures par rapport à la norme. Le SRPS touche environ 1 % de la population et peut être traité par des thérapies comportementales ou, dans certains cas, par une exposition à la lumière vive le matin.

