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Géopolitique

Feux de forêt : une carte pour comprendre la menace en Europe

Courrier International · mis à jour 6 juil.

Les premiers feux de forêt ont déjà dévoré près de 20 000 hectares sur tout le continent européen, dont 11 000 rien qu’en France. Si ce début d’été n’atteint pas les niveaux catastrophiques de l’année dernière, il reste cependant bien au-dessus des moyennes, alertent les autorités..

Saison des feux intense

En 2026, l’Europe fait face à une saison des feux de forêt particulièrement précoce et intense. Dès le début de l’été, des incendies ravagent déjà plusieurs pays du pourtour méditerranéen. Selon The Guardian, des centaines de pompiers combattent des feux qui ont déjà détruit près de 20 000 hectares au Portugal, en Espagne, en France et en Grèce. En France, près de Perpignan, un incendie a brûlé 4 649 hectares au 6 juillet, mobilisant 750 pompiers et entraînant l’évacuation de près de 10 000 habitants. Le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, indique que 11 000 hectares ont déjà été consumés en 2026, contre 5 700 à la même période en 2025. Ces chiffres illustrent une aggravation par rapport aux années précédentes, avec une augmentation de 93 % de la surface brûlée en France.

Zones à risque étendues

La Commission européenne, via le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), souligne que plus de 118 000 hectares ont déjà été détruits depuis le début de l’année 2026. Bien que ce chiffre soit inférieur à celui de la saison 2025, considérée comme la pire jamais enregistrée, il dépasse largement les moyennes des vingt dernières années (2006-2025). Selon Effis, une grande partie de l’Europe est désormais classée en zone à risque d’incendie pour la période du 1er au 8 juillet 2026. Les régions touchées ne se limitent pas à l’Europe de l’Ouest, mais s’étendent aux Balkans, à la Turquie et même au sud de la Scandinavie. Ces zones sont exposées à des conditions climatiques extrêmes, favorisant les départs de feu.

Vagues de chaleur précoces

Les incendies actuels sont directement liés à une série de vagues de chaleur précoces et intenses. En mai 2026, une première vague de chaleur a frappé l’Europe, suivie en juin par une seconde, qui a battu tous les records de température dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest. Ces épisodes ont causé plusieurs milliers de morts supplémentaires et ont fortement accru le risque d’incendies dans de vastes régions. Un troisième épisode est attendu pour la semaine du 6 juillet 2026, avec des températures avoisinant les 40 °C en France. Ces vagues de chaleur, dont l’intensité et la précocité sont attribuées au dérèglement climatique par de nombreux chercheurs, aggravent la sécheresse et rendent les forêts plus vulnérables aux départs de feu.

Rôle des institutions européennes

La Commission européenne joue un rôle central dans la surveillance et la gestion des risques d’incendie en Europe. Elle s’appuie sur des données collectées par le Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), qui permet d’évaluer en temps réel l’étendue des zones touchées et d’identifier les régions les plus exposées. Effis est un outil clé pour les autorités locales et nationales, car il fournit des informations précises sur la localisation des incendies, leur progression et les ressources mobilisées pour les combattre. La Commission utilise ces données pour alerter les pays membres et coordonner les actions de prévention et de lutte contre les feux.

Ce que ça pourrait changer

Au Portugal, la situation est particulièrement critique. Près de 1 200 pompiers luttent contre des flammes qui ont déjà ravagé 13 000 hectares dans le centre du pays. Les autorités portugaises qualifient l’été 2026 de « extrêmement difficile » en raison de la combinaison de températures élevées, de sécheresse persistante et de vents forts. Ces conditions rendent les feux plus difficiles à contrôler et augmentent leur propagation. Le Portugal, comme d’autres pays méditerranéens, est régulièrement confronté à des incendies de grande ampleur, mais l’ampleur des feux en 2026 dépasse les moyennes historiques pour cette période de l’année.

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