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Un an après, l’efficacité de la vérification d’âge sur les sites pornos reste à prouver

Next.ink · mis à jour il y a 3 j

Un an après la mise en œuvre du dispositif de vérification de l’âge aux portes des sites pornographiques, un sondage permet de tirer un premier bilan pour le moins contrasté de ce dispositif de la loi SREN. Après bien des soubresauts, l’obligation de contrôle de l’âge pour l’accès aux sites pornos est la règle depuis […].

Obligation légale depuis 2025

Depuis le 15 juillet 2025, la France impose aux sites pornographiques une vérification d’âge pour accéder à leurs contenus. Cette mesure, validée par une décision du Conseil d’État, vise à limiter l’accès des mineurs à ces sites. Elle fait suite à des débats et des reports, notamment après des menaces de blocage de sites comme Pornhub ou YouPorn en 2023. L’objectif est de protéger les jeunes en filtrant les visiteurs selon leur âge, mais son efficacité reste à prouver un an après son application.

Déplacement vers sites non contrôlés

L’enquête de l’Ifop pour CAM4 révèle que la vérification d’âge a principalement poussé les utilisateurs vers des sites ne respectant pas cette obligation. Parmi les adultes ayant consulté du porno ces douze derniers mois, 69 % l’ont fait sur des sites sans contrôle, contre 36 % qui n’ont utilisé que des sites conformes. Chez les 15-17 ans, ces chiffres sont de 78 % et 23 % respectivement. Près de la moitié des majeurs (48 %) et 65 % des mineurs ont abandonné les sites contrôlés pour ces alternatives. L’Ifop souligne un paradoxe : les sites les plus vertueux, qui ont investi dans des solutions conformes, perdent des visiteurs au profit de ceux qui ignorent la loi.

Impact limité sur la consommation

La mesure n’a pas réduit significativement la consommation de contenus pornographiques. Seuls 16 % des adultes et 22 % des 15-17 ans ont cessé de consulter ces sites, tandis que 33 % des mineurs ont réduit leur fréquentation. Pour 52 % des adultes et 40 % des mineurs, la vérification n’a rien changé à leurs habitudes. La consommation globale reste stable depuis 2023, avec 58 % des 18-24 ans ayant consulté du porno en ligne, un chiffre similaire en 2026. On observe même une hausse de 8 points pour les sites sur abonnement comme OnlyFans et de 4 points pour les webcams.

Taux de conformité faible

Parmi les internautes confrontés à une demande de vérification, seulement 39 % des majeurs et 18 % des 15-17 ans ont effectué la démarche. Parmi ceux qui ont refusé, 14 % ont utilisé un VPN (réseau privé virtuel) pour contourner le blocage. Le taux de conformité varie fortement selon l’âge : 24 % chez les 18-24 ans, contre 49 % chez les 50-64 ans. L’Ifop note que la vérification est mieux acceptée par les personnes éloignées de l’âge cible, révélant un paradoxe : le dispositif filtre davantage les adultes que les mineurs les plus expérimentés.

Opinion publique favorable

Malgré ces résultats mitigés, 89 % des Français soutiennent le principe même de la vérification d’âge pour les sites porno, y compris 86 % des 15-17 ans. Cependant, les méthodes actuelles sont critiquées : 64 % des sondés jugent le dispositif « peu efficace » ou « pas efficace du tout ». Les solutions les plus plébiscitées sont la transmission d’un document d’identité (57 %), un système d’évaluation de l’âge via une photo ou une vidéo (53 %), et l’app européenne de vérification de l’âge (77 %), qui recueille le plus de suffrages.

Ce que ça pourrait changer

L’**Arcom** (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) est chargée de faire respecter cette obligation. 83 % des Français souhaitent qu’elle s’assure que tous les sites porno appliquent la vérification d’âge, et 86 % veulent étendre cette obligation aux **réseaux sociaux** où circulent des contenus pornographiques. L’enquête révèle aussi que seulement la moitié des sondés ont été confrontés à une demande de vérification, remettant en cause la réalité de son application sur le terrain.

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