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Élections au Québec : et si protéger notre environnement était le meilleur investissement?

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 h

Économie contre environnement : de récentes études montrent que cette opposition est souvent un faux dilemme..

Automobile : un fardeau économique

Dans la grande région de Montréal, l’utilisation massive de la voiture individuelle pèse lourdement sur les finances des ménages et sur l’économie locale. Selon une étude publiée par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), les Québécois dépensent en moyenne 9 200 dollars par an pour un véhicule privé, ce qui en fait le deuxième poste de dépenses des ménages après le logement. Ce modèle favorise l’appauvrissement des familles et limite la prospérité des entreprises locales. Les deux organisations, qui défendent traditionnellement les intérêts du milieu des affaires, soulignent que ces dépenses alourdissent le coût de la vie, une préoccupation majeure pour les électeurs selon les sondages. La congestion routière, liée à cette dépendance à l’automobile, coûte déjà plus de 6 milliards de dollars par an à l’économie montréalaise, soit 2,1 % du PIB régional. Si la tendance se maintient, ce coût pourrait atteindre 10 milliards de dollars d’ici 2030.

Transport collectif : un levier économique

L’étude de la CCMM et de la CMM propose une solution : développer le transport collectif. Selon leurs calculs, une meilleure offre de transport en commun permettrait d’alléger le portefeuille des Québécois en réduisant les dépenses liées à l’automobile. Contrairement aux véhicules privés, qui importent une grande partie de leurs composants et de leur carburant (faisant fuir 57 millions de dollars sur 100 millions dépensés à l’étranger), les transports en commun génèrent beaucoup moins de fuites de capitaux (seulement 15 millions de dollars). De plus, ils améliorent la productivité des entreprises en réduisant les retards et les coûts logistiques liés à la congestion. Les auteurs du rapport estiment que ces investissements attirent aussi les investisseurs en offrant un environnement plus dynamique et accessible. Pourtant, malgré ces avantages, le gouvernement québécois prévoit encore de consacrer près des trois quarts de ses investissements en mobilité au transport routier, contre seulement 26 % pour le transport collectif.

Nature : un actif sous-estimé

Protéger les milieux naturels n’est pas seulement un geste écologique : c’est aussi un investissement économique rentable. Une étude dirigée par l’économiste François Delorme, professeur à l’Université de Sherbrooke, a évalué les services économiques rendus par 850 kilomètres carrés de terres privées protégées au Québec. Ces territoires fournissent chaque année près de 680 millions de dollars en services, soit environ 8 000 dollars par hectare. Ces services incluent la filtration de l’eau, la purification de l’air, la réduction des risques d’inondation, la pollinisation des cultures et le stockage du carbone. Sans ces écosystèmes, les collectivités devraient financer des infrastructures supplémentaires pour traiter l’eau, gérer les inondations ou compenser les pertes agricoles. Contrairement aux infrastructures artificielles, les milieux naturels préservés offrent ces bénéfices sans nécessiter d’entretien constant, ce qui en fait une solution durable et économique.

Air pur : un retour sur investissement

Améliorer la qualité de l’air est non seulement une question de santé publique, mais aussi une opportunité économique majeure. Selon une étude du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), chaque dollar investi par les gouvernements pour réduire la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre (GES) génère environ 15 dollars de retombées économiques. Ces bénéfices proviennent notamment de la réduction des dépenses en santé, de l’amélioration de la productivité au travail et de la baisse des coûts liés aux catastrophes naturelles. Par exemple, des solutions comme le chauffage propre, la réduction des émissions de méthane ou le renforcement des normes antipollution pour les véhicules peuvent avoir un impact significatif. Pourtant, ces arguments sont rarement mis en avant par les partis politiques, malgré leur potentiel économique et environnemental.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les preuves économiques en faveur de la protection de l’environnement et du développement des transports collectifs, les partis politiques au Québec semblent privilégier les infrastructures routières. Dans son *Programme québécois des infrastructures 2026-2036*, le gouvernement prévoit consacrer près des trois quarts de ses investissements en mobilité au transport routier, contre seulement 26 % pour le transport collectif. Pourtant, les transports sont responsables de 44,8 % des émissions de GES au Québec, avec les automobiles et les camions légers (dont les VUS) comme principaux contributeurs. Les transports en commun, les milieux naturels et la lutte contre la pollution de l’air pourraient pourtant offrir des solutions durables et rentables, mais leur promotion reste marginale dans le débat électoral.

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