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Culture

Toxicité, pollution : peut-on venir à bout du plastique ?

France Culture - Savoirs · mis à jour 24 sept.

Le plastique est devenu un matériau incontournable dans notre quotidien, utilisé dans des secteurs variés comme l’emballage, le textile, la construction ou la médecine. Selon les données disponibles en 2026, environ 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, un chiffre en constante augmentation depuis les années 1950. Ce matériau, apprécié pour sa légèreté, sa résistance et son faible coût, pose cependant un défi environnemental majeur. Les chercheurs, comme Jean-François Ghiglione, soulignent que sa persistance dans l’environnement est alarmante : un sac plastique met entre 100 et 400 ans à se dégrader, tandis qu’une bouteille en plastique peut mettre jusqu’à 1 000 ans. Cette longévité s’explique par la structure chimique des polymères, des molécules géantes formées par l’assemblage répétitif de petites unités appelées *monomères*. Ces polymères, conçus pour résister à la dégradation, s’accumulent dans les sols, les océans et même dans les organismes vivants, posant des questions sur leur toxicité à long terme.

Plastique omniprésent

Le plastique est devenu un matériau incontournable dans notre quotidien, utilisé dans des secteurs variés comme l’emballage, le textile, la construction ou la médecine. Selon les données disponibles en 2026, environ 400 millions de tonnes de plastique sont produites chaque année dans le monde, un chiffre en constante augmentation depuis les années 1950. Ce matériau, apprécié pour sa légèreté, sa résistance et son faible coût, pose cependant un défi environnemental majeur. Les chercheurs, comme Jean-François Ghiglione, soulignent que sa persistance dans l’environnement est alarmante : un sac plastique met entre 100 et 400 ans à se dégrader, tandis qu’une bouteille en plastique peut mettre jusqu’à 1 000 ans. Cette longévité s’explique par la structure chimique des polymères, des molécules géantes formées par l’assemblage répétitif de petites unités appelées monomères. Ces polymères, conçus pour résister à la dégradation, s’accumulent dans les sols, les océans et même dans les organismes vivants, posant des questions sur leur toxicité à long terme.

Pollution invisible

La pollution par le plastique ne se limite pas aux déchets visibles comme les bouteilles ou les sacs. Elle inclut aussi des particules microscopiques, appelées microplastiques, qui proviennent de la fragmentation des déchets ou de l’usure des objets en plastique. Ces microplastiques, dont la taille est inférieure à 5 millimètres, sont aujourd’hui présents dans tous les milieux : l’eau potable, l’air, les sols et même les organismes marins. Une étude citée par Jean-François Ghiglione indique que chaque être humain ingère en moyenne 5 grammes de microplastiques par semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Ces particules peuvent libérer des substances chimiques toxiques, comme les perturbateurs endocriniens, qui interfèrent avec le système hormonal des humains et des animaux. Les océans sont particulièrement touchés : on estime que 8 à 12 millions de tonnes de plastique y sont déversées chaque année, formant des zones de concentration comme le 7e continent dans le Pacifique Nord, une étendue de déchets couvrant 1,6 million de km².

Impacts sanitaires

Les conséquences de la pollution plastique sur la santé humaine et animale sont encore en cours d’évaluation, mais les premières recherches révèlent des risques significatifs. Les microplastiques, en pénétrant dans les organismes, peuvent provoquer des inflammations, des lésions cellulaires ou perturber le métabolisme. Une étude publiée en 2026 par l’Observatoire Océanologique de Banyuls montre que certains plastiques libèrent des additifs comme les phtalates ou le bisphénol A, utilisés pour assouplir ou durcir les matériaux, et classés comme cancérigènes ou toxiques pour la reproduction. Ces substances sont particulièrement préoccupantes pour les populations exposées à des niveaux élevés de pollution, comme les pêcheurs ou les habitants de zones côtières. Par ailleurs, le plastique agit comme un vecteur pour d’autres polluants, comme les métaux lourds ou les pesticides, qui s’y fixent et sont ensuite ingérés par les organismes vivants.

Solutions en débat

Face à cette crise, plusieurs pistes sont explorées pour réduire l’impact du plastique. La première consiste à limiter sa production et son usage, notamment en interdisant les plastiques à usage unique comme les sacs, les pailles ou les couverts jetables. En Europe, la directive SUP (Single-Use Plastics) adoptée en 2019 vise à réduire de 50 % les déchets plastiques d’ici 2030. Une autre approche repose sur le développement de plastiques biodégradables, conçus pour se décomposer plus rapidement sous l’effet de bactéries ou de la lumière. Cependant, ces alternatives soulèvent des questions : certains plastiques biodégradables ne se décomposent qu’à des températures élevées, comme dans les composteurs industriels, et peuvent libérer des microplastiques. Enfin, la recherche se tourne vers des méthodes de recyclage innovantes, comme la pyrolyse, qui permet de transformer les déchets plastiques en carburant ou en matières premières, mais ces technologies restent coûteuses et peu déployées à grande échelle.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs jouent un rôle central dans la compréhension et la résolution de la crise plastique. Jean-François Ghiglione, directeur scientifique de l’ouvrage *Plasticologie. 50 scientifiques prennent la parole* (CNRS Éditions, 2026), coordonne des travaux sur l’écotoxicologie microbienne marine, une discipline qui étudie les effets des polluants sur les micro-organismes des océans. Ces scientifiques analysent notamment comment les bactéries et les champignons peuvent contribuer à dégrader les plastiques, une piste prometteuse mais encore expérimentale. Ils alertent aussi sur la nécessité d’une approche globale, combinant réduction à la source, innovation technologique et sensibilisation du public. Leur travail met en lumière l’urgence d’agir, car les solutions existent, mais leur mise en œuvre dépend de décisions politiques et économiques fortes, ainsi que d’un changement des comportements individuels.

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