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Environnement

Légumes brûlés, maïs en chute libre

Vert.eco · mis à jour il y a 1 j

Depuis fin mai, le manque d’eau et les canicules à répétition ont profondément bouleversé l’ensemble de l’agriculture française, avec des impacts différents selon les filières et les régions. Vert a compilé les chiffres remontés par les filières et les services de l’État pour dresser le panorama de cet été désastreux..

Été 2026 record

L’été 2026 en France a été marqué par des records de chaleur et de sécheresse, avec des températures moyennes dépassant 30°C sur toute une journée. Ces conditions ont entraîné une succession de canicules et d’incendies, notamment dans la forêt de Fontainebleau. La sécheresse a touché 80% du territoire, imposant des restrictions d’eau dans de nombreuses régions. Ces événements ont eu des conséquences graves pour l’agriculture, affectant presque tous les types de cultures et d’élevages, selon les déclarations de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, lors d’une réunion de crise le 28 août 2026.

Maïs, victime majeure

Le maïs, plante très gourmande en eau, a subi un effondrement historique de sa production en 2026. La récolte de maïs grain a chuté de 45% par rapport à 2025, et celle de maïs fourrage (récolté avant maturation) de 50%, selon l’Association générale des producteurs de maïs (AGPM). Cette baisse s’explique par la sécheresse estivale, particulièrement intense dans les plaines du centre et de l’ouest de la France. La filière estime une perte de 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les exploitations. Le maïs est souvent cultivé pour nourrir le bétail ou produire de l’éthanol, ce qui impacte aussi indirectement l’élevage.

Céréales moins touchées

Les céréales comme le blé tendre, l’orge et l’avoine ont moins souffert que le maïs, avec des baisses de rendement de 4%, 7% et 21% respectivement. Ces cultures, dites céréales à paille, sont semées à l’automne et récoltées au début de l’été, avant les canicules. Leur cycle végétatif est donc moins exposé aux fortes chaleurs estivales. Le blé tendre reste la céréale la plus produite en France, utilisée pour la fabrication du pain et de nombreux produits alimentaires. L’orge est souvent destinée à l’alimentation animale ou à la brasserie.

Pommes de terre en crise

La récolte de pommes de terre a diminué de 23% en 2026 par rapport à 2025, selon l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT). Cette baisse est qualifiée de chute sans précédent par la filière. Les producteurs avaient réduit les surfaces cultivées en début d’année, mais les rendements ont été fortement affectés par les canicules et le manque d’eau. Les pommes de terre sont un légume de base en France, utilisé dans de nombreux plats. Leur pénurie pourrait entraîner des tensions sur les prix et des importations accrues.

Légumes en tension

Les légumes comme les salades, carottes, poireaux, échalotes, ail et oignons ont subi des pertes massives, atteignant parfois 50% de la récolte annuelle pour certaines filières. En juillet 2026, les pertes étaient estimées en milliers de tonnes par produit. La marque Prince de Bretagne a signalé des pertes allant de 15% à 100% selon les cultures : 40% pour les petits pois, 60% pour les brocolis, 100% pour les artichauts, 25% pour les courgettes et 35% pour les salades. Ces manques pourraient entraîner des pénuries dans les magasins, car les importations ne suffisent pas à combler les déficits.

Fruits rouges en danger

Les fruits rouges, comme les cerises, cassis et groseilles, ont subi des pertes pouvant atteindre 100% dans certaines zones en 2026. Ces fruits sont particulièrement sensibles aux fortes chaleurs et au manque d’eau. En Martinique, la production de bananes a reculé de 15% en raison de la sécheresse depuis juin 2026. Les fruits récoltés sont aussi plus petits et abîmés, ce qui a poussé la grande distribution à assouplir ses critères de calibrage pour éviter le gaspillage. Les fruits comme les pommes, poires ou pêches ont été moins impactés grâce à l’irrigation des vergers.

Élevage en difficulté

Les canicules ont causé la mort de 3 à 4 millions de volailles (1% de la production nationale) en France, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire, lors de la vague de chaleur de juin 2026. Les vaches laitières ont vu leur production de lait diminuer de 7% en juin et de 5% en juillet par rapport à 2025, selon la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL). Les prairies, où pâturent les animaux, sont grillées depuis deux mois sur la quasi-totalité du territoire, avec une pousse de l’herbe en recul de 36% par rapport à la moyenne 1989-2018. Les éleveurs doivent puiser dans leurs stocks d’hiver, souvent insuffisants.

Ce que ça pourrait changer

Face à cette crise historique, la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, doit présenter le 3 septembre 2026 un plan d’aides d’urgence évalué à plusieurs milliards d’euros. Les pertes de rendement dépassent 50% dans plusieurs territoires, et les besoins d’aides dépassent généralement 10 000 euros par exploitation. Les aides visent à soutenir les agriculteurs touchés par la sécheresse, les canicules et les incendies, ainsi qu’à reconstituer les stocks de fourrages pour l’hiver. Ce plan s’ajoute aux aides déjà mobilisées par les filières et les régions.

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