«Les racines des pins sont à nu, les plantes ont disparu» : à Marseille
Écrin naturel aux portes de la métropole marseillaise, le parc national des Calanques souffre du surtourisme. Dans les espaces les plus menacés, la réservation obligatoire pour les visiteur·ses et la réduction du trafic motorisé commencent à faire leurs preuves.
Le parc national des Calanques, situé aux portes de Marseille, est un espace naturel emblématique du sud de la France. Ce parc, créé en 2012, couvre environ 520 km² et inclut des paysages marins et terrestres spectaculaires, comme des falaises calcaires, des criques isolées et une biodiversité riche. Cependant, sa proximité avec une grande ville de 870 000 habitants en fait une destination très prisée, notamment sur les réseaux sociaux, où ses paysages sont souvent mis en avant. Cette popularité croissante exerce une pression importante sur les écosystèmes fragiles du parc, menant à des dégradations visibles comme des racines de pins mises à nu par l'érosion ou la disparition de certaines plantes.
Le surtourisme désigne une fréquentation touristique excessive qui dépasse la capacité d'accueil d'un site, entraînant des dommages environnementaux, sociaux et économiques. À Marseille, ce phénomène se manifeste par une affluence massive dans les Calanques, avec des conséquences directes sur la nature. Par exemple, les sentiers sont piétinés, la végétation est abîmée et certains animaux voient leur habitat perturbé. Les réseaux sociaux amplifient ce problème en attirant des visiteurs toujours plus nombreux, souvent peu sensibilisés aux enjeux de préservation. En 2023, le parc a enregistré plus de 3 millions de visites, un chiffre record qui illustre cette pression croissante.
Face à cette situation, les autorités du parc national des Calanques ont mis en place des mesures pour limiter les impacts du surtourisme. Parmi elles, la réservation obligatoire pour accéder aux espaces les plus fragiles, comme la calanque de Sormiou ou celle de Morgiou, est l'une des principales. Cette mesure, appliquée depuis 2021, vise à réguler le nombre de visiteurs et à éviter la saturation des sites. Parallèlement, la réduction du trafic motorisé est encouragée : les véhicules sont interdits dans certaines zones, et des navettes électriques sont proposées pour accéder aux calanques. Ces actions s'inscrivent dans une stratégie plus large de gestion durable du parc, coordonnée par l'Office français de la biodiversité (OFB), l'établissement public chargé de protéger les milieux naturels.
Les mesures mises en place commencent à porter leurs fruits. Selon les observations des gestionnaires du parc, la fréquentation des sites les plus protégés a diminué de 20 % depuis l'instauration de la réservation obligatoire. Cette baisse permet une meilleure préservation des écosystèmes, avec une réduction des dégradations visibles comme l'érosion des sols ou la disparition de certaines espèces végétales. Les visiteurs réguliers constatent également une amélioration de la qualité de leur expérience, avec des paysages moins dégradés et une faune plus présente. Ces résultats encourageants montrent que des actions ciblées peuvent atténuer les effets du surtourisme, tout en maintenant l'attractivité du site.

