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France’s ‘casseurs’: why the term fails to do justice to the extent of looting and spiralling unrest

The Conversation France · mis à jour il y a 15 j

Following widespread looting sprees and acts of violence occurring on the sidelines of the October 17 student protests, so-called “casseurs” seem to be the centre of attention. But the term, which comes from the French verb casser or “to break”, poses more questions than answers.

Définition des casseurs

Le terme casseur désigne, en France, des individus participant à des manifestations pour commettre des actes de vandalisme, de pillage ou de violence. Issu du verbe français casser (briser), ce mot est souvent utilisé par les médias et les autorités pour qualifier des personnes dont les motivations ne sont pas toujours claires. Paolo Stuppia, sociologue interrogé dans l'article, souligne que ce terme est vague et peut recouvrir des réalités très différentes : certains agissent par opportunisme, d'autres par engagement politique, tandis que d'autres encore profitent simplement du chaos pour piller. Historiquement, le terme est apparu dans les années 1990 pour décrire des jeunes participant à des mouvements sociaux sans adhérer à leurs causes, motivés par l'envie de briser la routine ou de s'en prendre à l'ordre établi. Il est souvent associé à des phénomènes de révolte urbaine, comme les émeutes de 2005 dans les quartiers défavorisés.

Origines et évolutions

Le terme casseur a été popularisé par des sociologues comme Gwenola Ricordeau dans les années 1990, notamment lors du mouvement étudiant de 1998. Ricordeau a observé que ces individus agissaient davantage par ennui ou par recherche de sensations fortes que par conviction politique. Le mot s'inscrit dans une continuité de termes péjoratifs désignant la jeunesse des quartiers populaires, comme racaille, utilisé lors des émeutes de 2005 pour décrire des jeunes attaquant des biens publics ou privés sans motivation politique claire. Cependant, le terme peut aussi être revendiqué par certains groupes, comme le mouvement Mouvance autonome, une tendance anarchiste et situationniste apparue en France dans les années 1970. En 2006, lors des manifestations contre le contrat première embauche, certains manifestants ont même brandi des banderoles affirmant : « Nous sommes tous des casseurs », illustrant la récupération et la réappropriation du terme.

Motivations des pillages

Les pillages observés lors des manifestations du 17 octobre 2026 en France révèlent une diversité de motivations. Certains ciblent des symboles du capitalisme, comme des magasins de luxe, des banques ou des multinationales, une pratique remontant aux mouvements altermondialistes des années 2000. D'autres attaques semblent plus aléatoires, visant des commerces locaux comme des boutiques de jeux vidéo ou de jouets. Contrairement aux actions politiques organisées, où les cibles sont choisies en fonction d'un message précis, ces pillages spontanés peuvent être motivés par la recherche de profit immédiat ou simplement par l'envie de participer à l'agitation. Certains cas de redistribution de biens volés, comme des denrées alimentaires données à des sans-abri, ont également été observés, bien que ces actes restent marginaux.

Rôle des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux jouent un rôle central dans l'organisation et l'amplification des actions des casseurs, notamment en raison de leur agilité et de leur caractère éphémère. Des plateformes comme Snapchat ou Telegram permettent aux manifestants de coordonner des actions en temps réel, de partager des informations rapidement et de se mobiliser de manière décentralisée. Contrairement aux mouvements des années 2000, comme celui des Gilets jaunes, qui utilisaient des outils plus traditionnels comme Facebook ou Twitter, les nouvelles générations de manifestants exploitent des fonctionnalités conçues pour échapper à la surveillance, comme les messages éphémères ou les groupes privés. Cette dynamique rend difficile le travail des forces de l'ordre, qui peinent à infiltrer ces réseaux et à anticiper les mouvements. L'exemple des manifestations à Hong Kong en 2019-2020 illustre cette difficulté, même pour des régimes autoritaires.

Réactions et enjeux politiques

L'utilisation du terme casseur soulève des questions politiques et sociales. D'un côté, il est souvent employé pour discréditer des jeunes issus de milieux populaires, perpétuant des stéréotypes sur la « jeunesse dangereuse ». Cette stigmatisation s'inscrit dans une logique de labellisation (théorie sociologique selon laquelle un étiquetage peut influencer le comportement des individus). De l'autre, certains mouvements, comme la Mouvance autonome, revendiquent ce terme pour dénoncer les inégalités sociales ou les politiques gouvernementales. Lors des manifestations de 2006 contre le contrat première embauche, des débats ont éclaté entre ceux qui rejetaient l'idée de casseurs et ceux qui les considéraient comme des victimes du système. Cette ambiguïté montre que le terme est à la fois un outil de contrôle social et un symbole de contestation.

Ce que ça pourrait changer

Les autorités françaises font face à un défi majeur pour contrôler les violences lors des manifestations. La combinaison d'une jeunesse très à l'aise avec les outils numériques et d'une mobilité accrue rend les mouvements difficiles à anticiper. Les forces de l'ordre doivent désormais composer avec des groupes fragmentés, utilisant des canaux de communication éphémères et des stratégies de dispersion rapide. Cette situation crée un *décalage informationnel* (retard dans la collecte et l'analyse des données), comme l'a souligné une commission parlementaire après les événements d'octobre 2026. Les méthodes traditionnelles de surveillance, adaptées aux mouvements structurés des décennies précédentes, montrent leurs limites face à cette nouvelle forme de contestation décentralisée et agile.

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