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Culture

Blocus lycéens : quand le bâtiment fait l'école

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 27 j

Trois recommandations sur les blocus lycéens vus depuis les sciences sociales et à hauteur de bâti scolaire, et un conseil de lecture : "Encagement", un récit de Pauline Peretz à hauteur de l'enfant qu'elle a été..

Blocus et bâti scolaire

L’article explore le lien entre les blocus lycéens et l’architecture des établissements scolaires. Les blocus désignent ici des mouvements de protestation où les lycéens occupent leur lycée, souvent en réaction à des réformes éducatives ou sociales. Le bâti scolaire, c’est-à-dire l’ensemble des bâtiments et de leur aménagement, joue un rôle inattendu dans ces mobilisations. Les lycéens ne se contentent pas de manifester dans la rue : ils transforment leur établissement en un espace de résistance, où les murs, les salles et les cours deviennent des outils de contestation. Cette approche s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’impact de l’espace physique sur les dynamiques sociales et politiques, notamment à travers le prisme des Science and technology studies (STS), un courant de recherche qui étudie les interactions entre science, technologie et société.

Rôle des sciences sociales

Plusieurs chercheurs en sciences sociales analysent ces phénomènes sous différents angles. Annabelle Allouch, dans un article intitulé Les lycéens face à leurs murs, propose une lecture des blocus à travers le prisme des STS, soulignant comment l’architecture scolaire influence les formes de contestation. Laurent Jeannin, spécialiste de l’articulation entre pédagogie, architecture et espace, a également été auditionné par des sénateurs en 2023 pour éclairer ces enjeux. Ses travaux, accessibles sur des plateformes comme Cairn, montrent comment l’espace scolaire peut à la fois contraindre et inspirer l’action collective. Ces recherches s’appuient sur des méthodes qualitatives, comme des entretiens ou des observations, pour comprendre les perceptions des lycéens et les effets concrets de leur environnement bâti.

Réactions institutionnelles

Les mobilisations lycéennes ont aussi suscité des réponses institutionnelles. En 2023, une formation continue destinée aux policiers, inspirée par les travaux d’Élodie Lemaire en sociologie de la police, a été lancée à l’université Picardie - Jules Verne. Cette initiative visait à mieux comprendre les dynamiques de protestation et à adapter les stratégies de maintien de l’ordre. Par ailleurs, l’audition de Laurent Jeannin devant les sénateurs en 2023, disponible en vidéo, illustre l’intérêt des pouvoirs publics pour ces questions. Ces réactions reflètent une prise de conscience progressive de l’importance de l’espace scolaire, non seulement comme lieu d’apprentissage, mais aussi comme enjeu politique et social.

Perspective historique et culturelle

L’article souligne également l’importance d’une approche historique et culturelle pour comprendre les blocus lycéens. Un documentaire intitulé Des policiers à la fac, réalisé par Dorothée Prud’homme et Pierre Chassagnieux, explore les tensions entre forces de l’ordre et étudiants dans les universités, offrant un éclairage comparatif avec les lycées. Par ailleurs, le conseil de lecture proposé, Encagement de Pauline Peretz, publié sur le site AOC, aborde la question de l’enfermement à travers le regard d’une enfant, soulignant comment l’espace peut façonner les expériences individuelles et collectives. Ces travaux rappellent que les blocus ne sont pas seulement des actes de protestation, mais aussi des révélateurs des rapports de pouvoir dans les institutions éducatives.

Ce que ça pourrait changer

Enfin, l’article mentionne un article de David Noël, publié le 6 octobre 2026 dans la revue *Esprit*, intitulé *Mobilisation lycéenne : quand le blocus fait école*. Ce texte analyse comment les blocus deviennent des espaces d’apprentissage alternatifs, où les lycéens développent des compétences organisationnelles, politiques et sociales. L’auteur montre que ces mouvements ne se limitent pas à une opposition passive, mais peuvent aussi être des laboratoires de démocratie participative. Cette perspective invite à repenser le rôle de l’école, non seulement comme un lieu de transmission des savoirs, mais aussi comme un espace de transformation sociale.

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