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Une étrange araignée de mer découverte dans les abysses se nourrit… de méthane

Science & Vie · mis à jour il y a 18 j

Dans les profondeurs inexplorées du Pacifique, de minuscules créatures marines ont développé une méthode de survie unique, exploitant les ressources chimiques d'un écosystème encore largement méconnu des chercheurs..

Découverte d'une araignée abyssale

Des chercheurs ont identifié une nouvelle espèce d’araignée de mer dans les profondeurs océaniques, plus précisément dans les abysses (zones situées entre 2 000 et 6 000 mètres de profondeur). Cette créature, nommée Paralomis hirtella, présente des caractéristiques morphologiques inhabituelles pour un crustacé, comme des pattes allongées et un corps recouvert de poils. Sa découverte a été publiée en août 2026 dans la revue Science et Vie, soulignant son importance pour la biodiversité marine. Les abysses, souvent méconnus, abritent des écosystèmes uniques où la pression est extrême et la lumière absente, rendant l’adaptation des espèces à ces conditions particulièrement fascinante.

Régime alimentaire surprenant

Contrairement à la plupart des araignées de mer qui se nourrissent de petits poissons ou de crustacés, cette espèce a développé un régime alimentaire basé sur le méthane (un gaz à effet de serre composé d’un atome de carbone et de quatre atomes d’hydrogène). Le méthane est généralement produit par des processus géologiques ou biologiques dans les fonds marins, comme la décomposition de matière organique ou les émissions volcaniques sous-marines. Les chercheurs ont observé que l’araignée de mer se nourrit directement des bactéries méthanotrophes (des micro-organismes capables de dégrader le méthane) présentes dans son environnement, formant ainsi une chaîne alimentaire originale dans ces écosystèmes profonds.

Importance écologique

Cette découverte met en lumière un mécanisme écologique rare où une espèce animale dépend directement d’un gaz comme source de nourriture. Le méthane, souvent associé au réchauffement climatique lorsqu’il est libéré dans l’atmosphère, joue ici un rôle clé dans le maintien d’un écosystème abyssal. Les scientifiques soulignent que cette araignée pourrait contribuer à réguler les émissions de méthane en limitant sa propagation dans l’eau. Cette interaction illustre l’équilibre fragile des écosystèmes profonds, où chaque espèce, même microscopique, joue un rôle dans la stabilité de l’environnement.

Méthodes de recherche

Les chercheurs ont utilisé des sous-marins télécommandés (ROV, Remotely Operated Vehicles) équipés de caméras haute définition et de bras robotisés pour explorer les fonds marins et collecter des échantillons. Ces engins permettent d’étudier des zones inaccessibles à l’homme en raison de la pression extrême et de l’obscurité. Les analyses en laboratoire ont ensuite confirmé que l’araignée de mer ingérait bien des bactéries méthanotrophes, grâce à des techniques de séquençage génétique. Cette méthode de recherche illustre l’importance des technologies modernes dans l’exploration des océans.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les écosystèmes abyssaux et leur rôle dans le cycle du carbone. Les abysses, qui couvrent plus de 60 % de la surface terrestre, restent largement inexplorés en raison de leur inaccessibilité. Les scientifiques estiment que des milliers d’espèces inconnues pourraient y être découvertes, chacune apportant des réponses sur l’adaptation de la vie à des conditions extrêmes. Par ailleurs, cette araignée de mer pourrait inspirer des recherches sur des solutions biologiques pour limiter les émissions de méthane, un enjeu majeur dans la lutte contre le changement climatique.

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