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Droit

Afghanistan : la faim atteint des records, les droits humains reculent

ONU : Droits humains · mis à jour il y a 21 j

Près de 16 millions d’Afghans sont confrontés à une insécurité alimentaire aiguë, un chiffre qui pourrait dépasser 19 millions cet hiver, prévient l’ONU qui appelle à une mobilisation urgente contre la faim et la malnutrition..

Crise alimentaire record

En octobre 2026, l'Afghanistan fait face à une crise alimentaire sans précédent. Selon le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un système international qui évalue les niveaux d'insécurité alimentaire en cinq phases, 15,9 millions de personnes, soit plus de 32 % de la population, souffrent d'une insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, 3,4 millions se trouvent en phase 4 (urgence), ce qui signifie qu'elles risquent de mourir de faim si aucune aide n'est apportée. Les causes incluent des difficultés économiques persistantes, une baisse de l'aide humanitaire, des épidémies et un accès limité à l'eau potable, à l'assainissement et à l'hygiène. La malnutrition infantile est particulièrement alarmante, avec 4,04 millions d'enfants de moins de cinq ans nécessitant un traitement contre la malnutrition aiguë en 2027.

Hiver critique à venir

La situation devrait encore se dégrader pendant la période de soudure hivernale (novembre à avril), où près de 19,2 millions de personnes pourraient être en insécurité alimentaire aiguë de phase 3 ou pire. Parmi elles, cinq millions se trouveront en situation d'urgence. Le Programme alimentaire mondial (PAM) et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont lancé un appel urgent pour obtenir des financements supplémentaires. Ils demandent un renforcement de l'aide alimentaire, du soutien agricole et des programmes de prévention de la malnutrition. John Aylieff, directeur du PAM en Afghanistan, a averti que sans une aide immédiate, de nombreux parents pourraient être contraints de faire des choix impossibles pour nourrir leurs enfants, comme vendre des biens essentiels ou retirer leurs enfants de l'école.

Droits humains en recul

La crise humanitaire s'accompagne d'une dégradation des droits humains, particulièrement pour les femmes et les filles. Depuis juillet 2026, les autorités talibanes ont imposé de nouvelles restrictions. Les filles sont exclues de l'enseignement formel au-delà de la sixième année, et plus de 50 cas d'arrestations ou de détentions liées au port du hijab ont été recensés, notamment à Hérat et Kaboul. Certaines femmes se voient interdire l'accès aux services essentiels, comme les centres de santé ou les marchés, en l'absence d'un tuteur masculin appelé mahram. La Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) a également documenté 443 arrestations arbitraires et 97 cas de mauvais traitements, souvent liés à des infractions aux règles religieuses ou sociales.

Violences et libertés restreintes

Les restrictions s'étendent aux médias et aux libertés publiques. Plusieurs médias ont été suspendus sans justification claire, et un journaliste arrêté en juillet 2025 reste détenu sans condamnation. Une nouvelle loi sur la police, publiée en août 2026, interdit toute manifestation. Par ailleurs, les violences transfrontalières ont fait 512 morts et 1 236 blessés parmi les civils depuis octobre 2025, dont 33 victimes supplémentaires au dernier trimestre, principalement des enfants tués lors de frappes aériennes pakistanaises dans les provinces de Kounar et Helmand. La MANUA souligne que ces violences aggravent la crise humanitaire et limitent encore davantage l'espace civique en Afghanistan.

Ce que ça pourrait changer

Face à l'aggravation de la situation, le PAM et la FAO ont lancé un appel à des financements supplémentaires pour répondre aux besoins immédiats. Ils demandent un renforcement de l'aide alimentaire, du soutien agricole et des programmes de prévention de la malnutrition. Richard Trenchard, représentant de la FAO, insiste sur la nécessité de fournir aux familles des moyens de subsistance stables pour résister aux chocs futurs. Sans une intervention rapide, la crise pourrait s'aggraver, mettant en péril la vie de millions de personnes, en particulier les plus vulnérables comme les enfants et les femmes. Les organisations humanitaires estiment qu'il reste une *fenêtre d'action* qui se referme rapidement.

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