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Culture

Invention de l'environnement : le sens de l'histoire ne va pas de soi

France Culture - Savoirs · mis à jour 21 sept.

Pour les chercheurs qui documentent l'histoire environnementale et la manière dont on a raconté le film, le grand récit optimiste des Lumières vertes à petits pas ne va plus de soi..

Histoire environnementale

L’article aborde une remise en question du récit traditionnel de l’histoire environnementale, souvent présenté comme un progrès linéaire et optimiste inspiré par les Lumières vertes. Ce grand récit suggère une amélioration continue de la relation entre l’humain et son environnement, portée par des avancées scientifiques et politiques. Cependant, des chercheurs en histoire environnementale, comme ceux du collectif ayant publié Les Natures du productivisme. Une histoire environnementale de la France, de 1940 à nos jours en 2026, montrent que cette vision est simplificatrice. Leur travail, coordonné par Renaud Bécot, Christophe Bonneuil et Gabrielle Bouleau, s’appuie sur treize chercheurs et couvre une période allant de 1940 à aujourd’hui. Ils soulignent que l’histoire de l’environnement n’est pas un chemin tout tracé vers le progrès, mais un ensemble complexe de dynamiques sociales, économiques et politiques, où les intérêts divergents et les rapports de force jouent un rôle central.

Productivisme et classes populaires

Un des angles explorés par ces historiens est la notion de productivisme, un système économique et social qui privilégie la croissance et la production de masse, souvent au détriment de l’environnement. L’article met en lumière une opposition médiatisée entre les préoccupations des classes populaires, souvent perçues comme matérialistes et centrées sur la survie quotidienne (« fin du mois »), et celles des classes plus aisées, plus sensibles aux enjeux écologiques (« fin du monde »). Renaud Bécot, historien de l’environnement, a notamment écrit un chapitre intitulé « Fin du monde, fin du mois, et au-delà ? L’environnementalisme des classes populaires », publié dans La terre perdue. Une histoire de l’Occident et de la nature (XVIIIe-XXIe siècle) en 2026. Ce travail montre que les classes populaires ont aussi développé des formes d’environnementalisme, mais celles-ci sont souvent négligées ou mal comprises, car elles ne correspondent pas aux modèles dominants de l’écologie institutionnelle.

Réseau RUCHE

Le réseau de recherche RUCHE (Réseau Universitaire de Chercheurs en Histoire de l’Environnement), fondé en 2008, est cité dans l’article comme une ressource majeure pour comprendre les enjeux de l’histoire environnementale. Ce réseau regroupe des chercheurs qui étudient les interactions entre sociétés humaines et environnement sur le long terme. Leurs travaux sont accessibles en ligne et visent à éclairer les mécanismes historiques qui ont façonné notre rapport à la nature. L’article souligne que les recherches menées par ce réseau, comme celles de Renaud Bécot, contribuent à déconstruire les idées reçues sur l’histoire environnementale, en montrant que les dynamiques écologiques ne sont pas neutres mais profondément ancrées dans des contextes sociaux et politiques spécifiques.

Écologies morales

L’article évoque la notion d’écologies morales, un concept qui désigne les systèmes de valeurs et de normes qui guident les actions individuelles et collectives en matière d’environnement. Ces écologies morales varient selon les groupes sociaux : les classes populaires, par exemple, peuvent avoir des priorités différentes de celles des élites ou des institutions. L’image accompagnant l’article illustre cette idée en pointant du doigt le risque de négliger ces écologies morales des classes populaires, souvent décrites comme matérialistes et productivistes. Cette négligence, selon les chercheurs, fausse la compréhension du sens de l’histoire institutionnelle, c’est-à-dire la manière dont les institutions (État, entreprises, organisations internationales) ont construit et imposé une vision particulière de l’environnement, souvent en contradiction avec les réalités vécues par une partie de la population.

Ce que ça pourrait changer

L’article est publié le 21 septembre 2026 sur *France Culture*, dans le cadre du podcast *Va savoir*, animé par Chloé Leprince. Il s’appuie sur des références académiques récentes, comme l’ouvrage *Les Natures du productivisme* paru au printemps 2026 aux éditions *La Découverte*. L’article s’inscrit dans un débat plus large sur la manière dont l’histoire environnementale est racontée, en mettant en avant la complexité des récits et la nécessité de prendre en compte les perspectives multiples, y compris celles des classes populaires. Il s’adresse à un public curieux mais non expert, en proposant une vulgarisation des enjeux historiques et sociaux liés à l’environnement.

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