Boire du café serait (essentiellement) bon pour la santé
Une « consommation modérée » est associée à un risque moindre de maladies cardiovasculaires..
Selon un énoncé scientifique de l'American Heart Association publié en 2023 dans la revue Circulation, une consommation modérée de caféine ou de café est sans danger pour la plupart des adultes en bonne santé. Une consommation modérée est définie comme jusqu’à 400 milligrammes de caféine par jour, ce qui équivaut à environ trois à cinq tasses de café de huit onces chacune (soit environ 240 millilitres par tasse). Cet énoncé s’appuie sur des études de cohorte à grande échelle et des essais contrôlés randomisés, des méthodes scientifiques rigoureuses utilisées pour évaluer les effets à long terme d’un comportement sur la santé. Les chercheurs précisent que cette quantité modérée est associée à plusieurs bénéfices pour la santé cardiovasculaire, sans présenter de risques majeurs pour la majorité des individus.
L’énoncé scientifique de l'American Heart Association indique qu’une consommation modérée de café (deux à quatre tasses par jour) est liée à un risque moindre de plusieurs maladies cardiovasculaires. Par exemple, elle réduit le risque de cardiopathie coronarienne, d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’insuffisance cardiaque et de fibrillation auriculaire (un type d’arythmie cardiaque). Une consommation modérée est également associée à une diminution du risque d’hypertension et de diabète de type 2. Ces associations sont dites « inverses », ce qui signifie que plus la consommation est modérée, plus le risque de ces maladies diminue. Ces résultats restent valables même après avoir pris en compte des facteurs comme le tabagisme ou d’autres habitudes de vie. Les bénéfices sont observés aussi bien avec le café caféiné qu’avec le café décaféiné, suggérant que les effets positifs proviennent en partie de composés autres que la caféine.
Plusieurs vastes études de cohorte prospectives, qui suivent des populations sur de longues périodes, montrent une association entre une consommation habituelle modérée de café et une réduction de la mortalité toutes causes confondues. Le risque de décès est le plus faible pour une consommation de deux à quatre tasses par jour. Ces études, menées sur des populations diverses, confirment que les bénéfices pour la santé sont généralement non linéaires : un excès ou un manque de consommation n’apporte pas les mêmes avantages. Ces résultats restent robustes même après ajustement pour des facteurs comme le tabagisme ou l’activité physique. Cependant, les auteurs soulignent que l’ajout de grandes quantités de sucre, de sirops ou de produits laitiers peut annuler ces bénéfices en augmentant l’apport calorique.
Les effets à long terme d’une consommation régulière de caféine sur la tension artérielle restent incertains et probablement minimes pour la plupart des adultes. Cependant, une consommation élevée de caféine peut augmenter légèrement le risque de tension artérielle élevée, en particulier chez les personnes souffrant déjà d’hypertension sévère ou présentant une sensibilité accrue. Une tolérance à la caféine peut se développer avec une consommation régulière. À l’inverse, les boissons énergisantes, qui contiennent des concentrations très élevées de caféine, ont été associées à une augmentation significative de la tension artérielle systolique et diastolique chez les adultes en bonne santé. À l’opposé, l’extrait de grain de café vert a montré une réduction de la tension artérielle, notamment chez les personnes ayant des valeurs de référence élevées. Ces différences s’expliquent par la concentration en caféine et la présence d’autres composés comme la taurine dans les boissons énergisantes ou l’acide chlorogénique dans le café.
Des études ont établi un lien entre la consommation de trois à cinq tasses de café par jour et une réduction pouvant atteindre 30 % du risque de souffrir d’un diabète de type 2. Cet effet protecteur serait principalement dû à des substances autres que la caféine, présentes dans le café. Par ailleurs, une consommation quotidienne modérée de café a été associée à une réduction d’environ 20 % du risque d’accident vasculaire cérébral (AVC). Une analyse récente, basée sur les données de la UK Biobank (une base de données biomédicale britannique), a montré que la consommation de quatre ou cinq tasses, voire plus, de café moulu, instantané ou décaféiné était également liée à un risque moindre d’AVC ischémique, un type d’AVC causé par un blocage d’une artère dans le cerveau.
Un résultat surprenant de l’énoncé scientifique est que la consommation d’au moins une tasse de café contenant de la caféine par jour, comparée à une absence totale de café et de caféine, réduit de 39 % le risque de récidive de fibrillation auriculaire. La fibrillation auriculaire est une forme très courante d’arythmie cardiaque, où le cœur bat de manière irrégulière et souvent trop vite. Les auteurs de l’énoncé vont jusqu’à exhorter les cliniciens à ne pas déconseiller la consommation de caféine pour réduire ce risque. Ils soulignent que, dans les limites habituelles, la caféine n’a pas d’incidence sur le risque de maladie coronarienne, bien que d’autres composants du café pourraient légèrement réduire ce risque.
L’énoncé scientifique met en garde contre les différences entre les sources de caféine. Le café et le thé, par exemple, contiennent des antioxydants et d’autres substances bénéfiques pour la santé, en plus de la caféine. À l’inverse, les boissons énergisantes peuvent contenir des quantités très élevées de caféine, de sucre et d’autres ingrédients dont les effets sur la santé sont moins bien établis. Les auteurs recommandent donc de privilégier les sources de caféine naturelles, comme le café ou le thé, plutôt que les boissons énergisantes, surtout pour les personnes sensibles aux effets de la caféine ou souffrant de problèmes de santé comme l’hypertension. Ils rappellent également que les bénéfices du café proviennent en partie de composés autres que la caféine, ce qui explique pourquoi le café décaféiné peut aussi avoir des effets positifs.

