Acte 5 du mouvement des lycéens : les facultés se joignent à la mobilisation
Elèves et professeurs sont mobilisés partout en France aujourd'hui. Des milliers de personnes ont commencé à défiler.
Le 13 octobre 2026, les lycéens français organisent leur cinquième journée de mobilisation nationale contre les réformes éducatives et sociales. Ce mouvement, qui s'étend depuis plusieurs semaines, rassemble des milliers de manifestants dans les rues, avec des cortèges prévus dans plusieurs villes, dont Paris où le départ est fixé à 14h depuis la place d'Italie vers les Invalides. Les autorités estiment entre 130 000 et 200 000 participants, un chiffre deux fois inférieur à celui de la semaine précédente, ce qui pourrait indiquer un ralentissement du mouvement. Dès le matin, des blocages de lycées ont été signalés dans plusieurs régions. Ce mouvement s'inscrit dans un contexte de défiance envers les institutions et de crise sociale plus large, marqué par des débats tendus sur le pouvoir d'achat et les finances publiques.
Les étudiants des facultés et grandes écoles se joignent massivement au mouvement des lycéens. Selon le syndicat Union Etudiante, 90 % des facultés sont bloquées ou fermées, tandis que le ministère de l'Enseignement supérieur en recense 35 %. Parmi les établissements concernés figurent des universités prestigieuses comme celles du plateau de Saclay, en région parisienne, un pôle scientifique et technologique majeur en Europe, ainsi que des grandes écoles renommées. Ces étudiants dénoncent ce qu'ils appellent la faillite de la méritocratie française, c'est-à-dire l'idée que le système éducatif ne permet plus une ascension sociale équitable. Leur solidarité avec les lycéens s'exprime par des blocages organisés en assemblées générales.
Les manifestations s'accompagnent de tensions entre les forces de l'ordre et les manifestants, avec des accusations croisées sur la responsabilité des violences. Les autorités policières annoncent 700 blessés dans leurs rangs, sans préciser la nature exacte de ces blessures. Parallèlement, des cas de violences policières ont été documentés et signalés via une plateforme lancée par la Ligue des droits de l'homme (LDH), une association de défense des droits humains. Cette plateforme a déjà reçu une centaine de signalements de violences présumées. Des observateurs de la LDH seront présents dans les cortèges pour surveiller la situation. Ces tensions alimentent les débats sur la gestion des manifestations et la protection des droits fondamentaux.
Le mouvement des lycéens survient dans un contexte politique et économique particulièrement tendu. Le gouvernement doit présenter le budget de l'État pour 2027, avec un objectif d'économies de 45 milliards d'euros. La France n'a pas présenté de budget équilibré depuis plus de trente ans et dépasse régulièrement le déficit public de 3 % fixé par l'Union européenne. La dette publique, déjà très élevée, suscite des craintes quant à la capacité du pays à la rembourser. Ces enjeux budgétaires, combinés à la mobilisation sociale, alimentent les débats sur la stabilité économique du pays à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
Le 13 octobre 2026, les députés examinent une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, née de la mobilisation citoyenne après le meurtre de la petite Lyhanna. Ce texte vise à renforcer la protection des victimes et à lutter contre ces violences. Bien que son adoption à l'Assemblée nationale semble acquise, des incertitudes persistent quant à son avenir au Sénat, dominé par des conservateurs, qui pourraient en modifier ou supprimer certaines mesures. Les défenseurs de la loi craignent un *détricotage* des avancées obtenues, c'est-à-dire une remise en cause partielle ou totale du texte. Son examen définitif est prévu pour janvier 2027, ce qui laisse peu de temps avant l'élection présidentielle.

