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Environnement

Dangereux pour les cultures, deux scarabées japonais repérés en Alsace

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

Deux individus appartenant à l'espèce Popillia japonica (ou scarabée japonais), réputée dangereuse pour les cultures, ont été identifiés près de Strasbourg (Bas-Rhin) depuis la fin du mois de juin, rapporte ICI Alsace. Il s'agit des premiers spécimens repérés dans la région depuis le début de la saison.

Découverte en Alsace

Deux spécimens de Popillia japonica, un scarabée originaire du Japon, ont été observés en Alsace. Cet insecte, mesurant environ 1 cm de long, est reconnaissable à sa couleur vert métallique et à ses élytres (ailes dures) de couleur cuivrée. Il est considéré comme une espèce exotique envahissante, ce qui signifie qu’il n’est pas naturel à cette région et que sa présence peut perturber les écosystèmes locaux. Les observations ont été confirmées par des experts, mais les autorités n’ont pas encore précisé où exactement ces scarabées ont été repérés. Cette découverte s’inscrit dans un contexte plus large de surveillance accrue des espèces invasives en Europe, car ces dernières peuvent causer des dégâts importants aux cultures et aux forêts.

Risques pour l'agriculture

Le scarabée japonais est particulièrement redouté pour son appétit vorace. Les adultes se nourrissent des feuilles, des fleurs et des fruits de plus de 300 espèces de plantes, tandis que les larves, appelées vers blancs, s’attaquent aux racines des graminées (comme le gazon ou les céréales). En cas d’infestation, les pertes agricoles peuvent être sévères : jusqu’à 30 % de réduction des rendements pour certaines cultures comme le maïs ou le soja. Aux États-Unis, où l’espèce est déjà bien implantée, les dégâts annuels sont estimés à plus de 460 millions de dollars. En Europe, bien que le scarabée ne soit pas encore largement répandu, sa présence en Alsace pourrait annoncer une expansion rapide si aucune mesure n’est prise.

Espèce invasive et réglementation

Une espèce est dite invasive lorsqu’elle se développe de manière excessive dans un nouvel environnement, souvent au détriment des espèces locales. Le scarabée japonais a été classé comme organisme nuisible prioritaire par l’Union européenne, ce qui signifie que sa propagation doit être strictement contrôlée. En France, la Direction générale de l’alimentation (DGAL), dépendant du ministère de l’Agriculture, est chargée de la surveillance et de la lutte contre ce type d’espèces. Des mesures de quarantaine et de destruction des zones infestées peuvent être mises en place pour limiter sa propagation. Cependant, aucune mesure spécifique n’a encore été annoncée en Alsace suite à cette découverte.

Surveillance et actions possibles

Face à cette menace, plusieurs acteurs sont mobilisés. Les Fédérations régionales de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) jouent un rôle clé dans la détection précoce des espèces invasives. Elles organisent des campagnes de piégeage et de signalement par les citoyens. Par exemple, des pièges à phéromones (substances chimiques attirant les insectes) peuvent être installés pour capturer les scarabées adultes. En cas de détection confirmée, des protocoles de destruction des plants infestés ou des traitements insecticides peuvent être envisagés. Cependant, ces méthodes doivent être utilisées avec prudence pour éviter de nuire à d’autres espèces non ciblées. Aucune campagne de ce type n’a encore été lancée en Alsace, mais les autorités appellent à la vigilance.

Ce que ça pourrait changer

Le scarabée japonais n’est pas une espèce nouvelle en Europe. Il a été introduit accidentellement aux États-Unis au début du XXe siècle, d’où il s’est répandu dans plusieurs États. En Europe, les premiers signalements remontent aux années 2010, avec des foyers détectés en Italie, en Suisse et en France. En 2014, des spécimens avaient déjà été observés dans le sud de la France, mais ils avaient été éradiqués. L’Alsace, région frontalière avec l’Allemagne et la Suisse, est particulièrement exposée en raison de son trafic commercial et touristique. Les experts soulignent que la lutte contre ce scarabée nécessite une coordination internationale, car une espèce invasive ne connaît pas de frontières.

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