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Sept-Îles étudiée pour un projet de 30 G$... sans le savoir

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 15 j

Un projet de câble électrique entre l’Europe et l’Amérique du Nord pourrait émerger sur la Côte-Nord..

Un projet colossal

Un projet d’infrastructure électrique sous-marin d’une valeur de 30 milliards de dollars (G$) est actuellement à l’étude par la firme NATO-L (sans lien avec l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord). Ce projet, appelé Ouvrage de transmission de l’Atlantique-Nord (NATO-L), vise à relier l’Amérique du Nord à l’Europe via un câble électrique de 4 000 kilomètres de long. L’objectif est de créer une nouvelle voie pour transporter l’énergie produite sur les deux continents, notamment au Québec. Si ce projet se concrétise, il pourrait permettre d’échanger de l’électricité entre les deux rives de l’Atlantique, en profitant des différences de consommation énergétique entre les continents. Cependant, ce projet n’est pas prévu avant 2040, car il en est encore à une phase préliminaire d’études de faisabilité.

Sept-Îles, point clé

La ville de Sept-Îles, située sur la Côte-Nord du Québec, est l’une des destinations envisagées pour accueillir une partie de ce projet. Le port en eau profonde de Sept-Îles et les lignes électriques reliant la ville à la centrale de Churchill Falls (un important complexe hydroélectrique) en font un emplacement stratégique. Laurent Segalen, cofondateur de NATO-L, a confirmé qu’une voie de passage était possible entre Sept-Îles et une île énergétique artificielle située près de l’Europe, appelée île Princesse Élisabeth (qui n’existe pas encore). Cependant, ni la mairie de Sept-Îles ni le conseil de bande de Uashat mak Mani-utenam n’étaient informés de ce projet avant sa médiatisation. Le maire Benoit Méthot a exprimé son ouverture à l’idée, tout en soulignant qu’il serait toujours temps de refuser le projet plus tard.

Un échange énergétique

Le projet NATO-L repose sur l’idée d’exploiter les décalages horaires et les différences de consommation d’électricité entre l’Amérique du Nord et l’Europe. Par exemple, lorsque la demande en électricité est faible en Amérique du Nord (la nuit), elle peut être élevée en Europe (le jour), et vice versa. Ce projet pourrait ainsi augmenter la puissance disponible de 6 000 mégawatts (MW) au moment où la demande est la plus forte, ce qui pourrait aider Hydro-Québec à répondre aux pics de consommation hivernaux, souvent difficiles à gérer. Cependant, certains experts, comme Sylvain Audette de HEC Montréal, remettent en question la réciprocité du projet, estimant que l’Europe pourrait en bénéficier davantage que l’Amérique du Nord pour l’instant.

Réactions et enjeux

Les réactions au projet sont mitigées. Laurent Segalen, promoteur du projet, se décrit comme un optimiste et insiste sur la nécessité d’une analyse rigoureuse et scientifique. Christian Leuprecht, professeur au Collège militaire royal du Canada, souligne l’importance géostratégique de ce projet pour le Québec, qui pourrait devenir un fournisseur d’énergie majeur pour l’Europe. À Sept-Îles, le maire Benoit Méthot adopte une position pragmatique : il préfère étudier les opportunités avant de rejeter l’idée. Hydro-Québec, quant à elle, n’a pas encore réagi officiellement à ce stade. Le projet soulève également des questions environnementales, notamment sur l’impact d’un câble sous-marin de 4 000 km sur les écosystèmes marins.

Ce que ça pourrait changer

À ce jour, le projet en est à une phase très préliminaire. Des études de préfaisabilité ont été réalisées, mais aucun engagement concret n’a encore été pris. Laurent Segalen a évoqué des conversations confidentielles avec *Hydro-Québec* et des échanges avec le gouvernement du Québec, bien qu’aucune rencontre sur place à Sept-Îles n’ait encore eu lieu. Le promoteur prévoit éventuellement se rendre sur place à l’automne 2026 pour évaluer les possibilités locales. Si les études confirment la faisabilité technique et économique, le projet pourrait avancer, mais il faudra attendre au moins 2040 pour une éventuelle réalisation. D’ici là, les acteurs locaux et les autorités devront être consultés et informés pour évaluer les impacts et les opportunités.

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