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Généraliste

Passer de l’indignation à l’action

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

Le Canada n’a pas besoin d’attendre une invitation comme membre honorifique de l’UE pour agir contre les géants du Web..

Critique des géants du Web

Le premier ministre canadien Mark Carney a critiqué publiquement les géants du Web, comme Meta (propriétaire de Facebook et Instagram), lors d’un discours au Parlement européen. Il les accuse de vouloir « voler l’enfance » en privilégiant leurs profits au détriment de la santé mentale des jeunes. Ces plateformes, selon lui, cherchent à dicter ou contourner les lois, notamment en matière de contrôle des données et de propagation de la désinformation. Cette critique s’inscrit dans un contexte où les États-Unis ont déjà engagé des poursuites contre Meta, avec une entente hors cour estimée à 17 milliards de dollars américains. Au Canada, cette problématique touche particulièrement les jeunes, qui passent en moyenne cinq heures par jour sur les réseaux sociaux.

Impacts économiques et sociaux

Une étude commanditée par la Coalition pour des espaces en ligne sécuritaires révèle que les dommages liés à la consommation en ligne des enfants et jeunes adultes canadiens coûtent entre 2 et 4,8 milliards de dollars par an. Ces dommages incluent l’intimidation en ligne, l’automutilation, les troubles alimentaires, la dépendance aux réseaux sociaux, les discours haineux et l’exploitation sexuelle. Une lanceuse d’alerte, Frances Haugen, ancienne employée de Meta, a déjà dénoncé ces pratiques en 2021, montrant que l’entreprise priorisait ses profits au détriment de la santé mentale des jeunes. Malgré ces révélations, le Canada et le Québec tardent à agir, contrairement à d’autres pays comme les États-Unis ou l’Australie.

Réactions politiques au Québec

Lors d’une campagne électorale au Québec, les partis politiques ont été interrogés sur leurs intentions face à ces enjeux. Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, et celui du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, ont exprimé leur volonté d’explorer des poursuites judiciaires contre les plateformes, comme aux États-Unis. M. St-Pierre Plamondon a promis d’assumer la responsabilité du dossier jeunesse s’il devenait premier ministre, tandis que M. Milliard a évoqué la tenue d’états généraux sur l’éducation. Cependant, ces déclarations contrastent avec le manque d’actions concrètes des gouvernements précédents, malgré les alertes lancées par des organisations comme Tel-jeunes.

Modèles internationaux de régulation

Plusieurs pays ont déjà mis en place des mesures pour encadrer les géants du Web. En Australie, le gouvernement envisage de prélever 2,75 % des revenus publicitaires numériques des plateformes, au-delà d’un seuil de 250 millions de dollars australiens (249,2 millions de dollars canadiens), afin de financer les médias. Dans l’Union européenne (UE), les tribunaux ont renforcé la responsabilité légale des plateformes en ligne, y compris pour les contenus générés par l’intelligence artificielle (IA). Le Canada, lui, reste en retrait, malgré les discours du premier ministre Carney qui vante pourtant le modèle européen. Le pays n’a pas encore présenté de programme législatif concret pour encadrer les médias sociaux et l’IA.

Ce que ça pourrait changer

L’éditorial du *Devoir* souligne que le Canada n’a pas besoin d’attendre une invitation pour agir contre les géants du Web. Il pourrait s’inspirer des modèles européens ou australiens pour adopter des mesures législatives strictes, comme la taxation des revenus publicitaires ou la responsabilité légale accrue des plateformes. Sans cela, les discours sur la santé mentale des jeunes, la souveraineté culturelle et la vitalité démocratique resteront sans effet. Le texte rappelle que le Canada est en retard par rapport à d’autres démocraties occidentales et que des actions urgentes sont nécessaires pour protéger les jeunes et préserver le débat public.

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