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Culture

Vu à la Mostra de Venise 2026 : « Un détour par Diane » d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, un film élastique

Trois Couleurs · mis à jour il y a 13 j

Après « Le Syndrome des amours passées », le duo belge Ann Sirot-Raphaël Balboni persiste et signe dans son univers loufoque, à la lisière du surnaturel, le temps d’un face-à-face tragicomique entre mère et fille qui ne se comprennent plus..

Réalisateurs et style

Le film Un détour par Diane est réalisé par le duo belge Ann Sirot et Raphaël Balboni, connus pour leur univers loufoque et leur approche surnaturelle, tout en restant ancrés dans le réel. Leur style se caractérise par une mise en scène des scènes de sexe sous forme de bulles fantaisistes, où les corps apparaissent irisés et en mouvement, comme dans un rêve éveillé. Cette esthétique visuelle contraste avec le sujet sérieux du film, qui aborde les violences sexuelles. Leur technique inclut des jump cuts, c'est-à-dire des coupes brutales dans le montage qui accélèrent le rythme, créant un effet de fluidité et de dynamisme. Ce procédé, bien que peu réaliste, participe à l'énergie du film et à son ton à la fois drôle et poétique.

Intrigue et personnages

L'histoire tourne autour d'une relation mère-fille asymétrique et burlesque, entre Diane (jouée par Ninon Borséi) et sa mère (interprétée par Sandrine Blancke). Diane, en colère, découvre que sa mère a été victime de viol dans sa jeunesse. Elle décide alors de retrouver le coupable en secret, mais son plan se heurte à des obstacles imprévus. Le film explore cette quête à travers un ton tragicomique, mêlant humour et émotion. Les personnages sont présentés comme un duo mal assorti, comparé à un bad cop et un good cop, reflétant leurs personnalités opposées : l'une enragée, l'autre apeurée. Leur dynamique est au cœur de l'intrigue, qui joue sur les malentendus et les déconvenues.

Approche narrative et influences

Ann Sirot et Raphaël Balboni adoptent une approche narrative non conventionnelle, refusant le drame social classique pour privilégier un ton décalé et inventif. Leur écriture s'apparente à des poupées russes, c'est-à-dire à des histoires imbriquées les unes dans les autres, avec des rebondissements inattendus. Le film intègre également des éléments du western, avec des costumes et des personnages improbables, ce qui renforce son côté onirique et son absence de peur du mauvais goût. Cette liberté créative s'inscrit dans une volonté de brouiller les lignes du cinéma francophone contemporain, à l'image des frères Larrieu, connus pour leur style audacieux.

Performance des acteurs

Le film met en lumière la performance de Ninon Borséi, qui incarne Diane avec une énergie slapstick, un terme désignant un humour visuel exagéré et physique, proche de la comédie burlesque. Son jeu rappelle les grands rôles de la comédie classique, tout en apportant une touche moderne. Sandrine Blancke, quant à elle, joue la mère avec une intensité qui contraste avec le ton général du film, soulignant la complexité des émotions. Leur alchimie à l'écran est un atout majeur, révélant le talent des comédiens sous la direction des réalisateurs.

Ce que ça pourrait changer

*Un détour par Diane* a été présenté à la **Mostra de Venise 2026**, l'un des festivals de cinéma les plus prestigieux au monde, le 7 septembre 2026. Le film s'inscrit dans la continuité du précédent long-métrage du duo, *Le Syndrome des amours passées*, confirmant leur style unique. Leur approche, à la fois drôle et poétique, a été saluée pour son originalité dans le paysage du cinéma francophone. Le film évite les clichés du drame social en privilégiant une narration dynamique et des images percutantes, ce qui en fait une œuvre à part dans la sélection de la Mostra.

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