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CULTURE

Vu à la Mostra de Venise 2026 : « Un détour par Diane » d’Ann Sirot et Raphaël Balboni, un film élastique

Source unique·il y a 13 j

Avec Un détour par Diane, Ann Sirot et Raphaël Balboni confirment leur singularité dans le paysage du cinéma francophone en transformant un sujet grave — les violences sexuelles — en une fable tragicomique où réalisme et onirisme s’entrelacent. Leur approche, à la fois audacieuse et décalée, interroge les limites du drame social en jouant avec les codes du burlesque et du western, tout en révélant une actrice prometteuse, Ninon Borséi.

En quoi le traitement du sujet des violences sexuelles par Sirot et Balboni se distingue-t-il des conventions du cinéma francophone ?

Le duo belge évite le drame social traditionnel pour adopter une esthétique élastique, mêlant humour noir, onirisme et références cinématographiques décalées (comme le western), tout en filmant les scènes de sexe comme des bulles fantaisistes. Leur écriture, à la fois poétique et burlesque, brouille les frontières entre gravité et légèreté, là où le cinéma francophone tend souvent vers un réalisme plus conventionnel.

Quel rôle joue la relation mère-fille dans la construction narrative du film ?

La relation entre Diane et sa mère, asymétrique et presque caricaturale (bad cop, good cop), sert de moteur à l’intrigue tout en révélant une dynamique de pouvoir inversée. Leur incompréhension mutuelle, poussée à l’extrême, devient le terrain d’une quête absurde où Diane cherche à venger sa mère, illustrant l’impossibilité de réparer les traumatismes par des actes simplistes.

Comment la technique de mise en scène de Sirot et Balboni influence-t-elle la réception du film ?

Leur signature repose sur un mélange de plans longs, suivis d’accélérations brutales en jump cut, créant un rythme en permanent état de grâce qui désoriente et captive. Ce procédé, loin du réalisme, renforce l’aspect onirique et comique, tout en soulignant l’artificialité des émotions, comme si le film refusait de se prendre au sérieux malgré son sujet.

Ce que ça pourrait changer

Ce film pourrait contribuer à une redéfinition des codes du cinéma francophone en prouvant qu’un sujet grave peut être traité avec humour et inventivité sans trahir sa gravité. Il ouvre aussi la voie à une exploration plus audacieuse des thèmes sociétaux, où la forme devient un outil de subversion plutôt qu’un simple véhicule narratif.

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