Sirop d’érable falsifié : des épiciers visés par une demande d’action collective
Metro, Sobeys et Loblaw ont une responsabilité dans cette affaire, selon un cabinet d’avocats..
En 2026, une affaire de falsification du sirop d’érable a été révélée au Canada. Un producteur québécois, Steve Bourdeau, a vendu pendant plusieurs années un sirop d’érable mélangé avec du sucre de canne ou d’autres sucres, comme le sirop de maïs. Ce mélange, appelé sirops frelatés, donne un goût différent du sirop d’érable pur, souvent décrit comme moins authentique. En avril 2026, l’émission Enquête a diffusé un reportage montrant que cinq conserves de sirop de Steve Bourdeau contenaient au moins 50 % de sucre de canne. Le Centre ACER, un laboratoire spécialisé, a confirmé ces résultats en testant quatre autres échantillons du même producteur. Ces tests ont révélé que tous ces sirops étaient coupés avec d’autres sucres. Le sirop d’érable pur doit être composé à 100 % de sève d’érable réduite, sans ajout d’autres sucres.
Trois grandes chaînes d’épicerie canadiennes — Metro, Sobeys et Loblaw — ainsi que le Groupe Épicia, propriétaire des épiceries Val-Mont, sont visés par une demande d’action collective. Le cabinet d’avocats Slater Vecchio les accuse d’avoir vendu sciemment ou par négligence le sirop frelaté de Steve Bourdeau pendant plusieurs années. Les avocats estiment que ces épiceries auraient dû détecter le problème, notamment en raison du prix anormalement bas du sirop. En 2016, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) avait déjà signalé un problème de goût anormal dans une conserve de sirop de Steve Bourdeau. Malgré cela, les épiceries ont continué à distribuer ses produits. Ces entreprises ont annoncé leur intention de contester la demande d’action collective.
Le cabinet Slater Vecchio a déposé une demande d’action collective en Cour supérieure du Québec pour représenter les consommateurs lésés. Si le tribunal autorise cette action, les entreprises visées pourraient être tenues de verser des millions de dollars en dédommagements. Les avocats soulignent que les problèmes liés au sirop de Steve Bourdeau étaient connus bien avant le reportage de Enquête. En juin 2026, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a ordonné un rappel de l’ensemble de la production de sirop de Steve Bourdeau et de son distributeur, L’Érabeille, en raison de défauts d’intégrité des contenants et de problèmes de détérioration. Les produits concernés ne doivent plus être consommés, vendus ou distribués.
Steve Bourdeau, le producteur visé, a reconnu avoir vendu son sirop à bas prix dans des centaines d’épiceries au Québec et en Ontario. Il a d’abord nié avoir modifié son sirop, attribuant la faute à ses fournisseurs. Cependant, les tests en laboratoire ont confirmé la présence de sucres ajoutés dans ses produits. Metro, Sobeys et le Groupe Épicia ont annoncé leur intention de contester la demande d’action collective. Loblaw n’a pas encore communiqué sa position. Les consommateurs, quant à eux, pourraient obtenir un dédommagement si l’action collective est validée par les tribunaux.

