Le président iranien appelle Washington à retourner à la table de négociation
Une politique de pressions et de menaces risque de faire dérailler la voie diplomatique, estime M. Pezeshkian..
Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé les États-Unis à respecter un accord signé en juin 2026, destiné à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient. Cet accord, appelé protocole d'Islamabad, avait été négocié après des attaques américaines et israéliennes contre l'Iran fin février 2026, qui avaient causé la mort de l'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien. Cependant, l'accord est rapidement devenu caduc début juillet 2026 en raison de la reprise des hostilités. Depuis, les tensions persistent : les États-Unis ont frappé le détroit d'Ormuz le 30 août 2026, et l'Iran a riposté en ciblant des positions américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Pezeshkian a souligné que la politique de pressions et de menaces de Washington, ainsi que l'absence de garanties sur le respect de l'accord, risquent de compromettre toute solution diplomatique.
Le président iranien a déclaré que si les États-Unis revenaient à leurs engagements dans le cadre du protocole d'Islamabad, l'Iran s'engagerait immédiatement à respecter ses propres obligations pour mettre fin à la guerre. Cette déclaration intervient dans un contexte où les relations entre les deux pays sont extrêmement tendues. Mi-juin 2026, l'accord avait été signé pour tenter de stabiliser la région, mais il a été rompu dès juillet 2026. Par ailleurs, les États-Unis ont imposé fin août 2026 des sanctions secondaires contre les partenaires commerciaux de l'Iran, visant à affaiblir économiquement le régime iranien. Ces sanctions ciblent les pays qui commercent avec l'Iran, une mesure qui pourrait aggraver la crise économique du pays.
Le président iranien s'exprimait lors d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une alliance politique et économique créée en 2001 pour favoriser la coopération entre ses membres, principalement en Asie. Cet événement, qui marque les 25 ans de l'organisation, se tient au Kirghizistan et réunit 17 chefs d'État, dont les présidents russe Vladimir Poutine, chinois Xi Jinping et turc Recep Tayyip Erdogan. L'OCS regroupe 10 États membres (Russie, Chine, Iran, Inde, Pakistan, etc.) et 15 partenaires de dialogue, représentant environ 40 % de la population mondiale et 25 % du PIB mondial. L'organisation cherche à contrebalancer l'influence occidentale et à promouvoir un monde multipolaire, où plusieurs puissances coexistent sans domination unique. Cependant, l'OCS reste fragile en raison de divergences internes, comme les rivalités entre la Russie et la Chine en Asie centrale ou les tensions entre la Chine et l'Inde.
Lors du sommet de l'OCS, Vladimir Poutine a exprimé son soutien à l'Iran, saluant le courage et la détermination du peuple iranien dans la défense de ses intérêts nationaux. Il a également transmis un message de solidarité au Guide suprême Mojtaba Khamenei, fils de l'ancien Guide suprême Ali Khamenei, décédé en février 2026. Ce soutien s'inscrit dans la stratégie russe de renforcer ses alliances en Asie centrale et au Moyen-Orient, face à l'influence occidentale. La Russie et l'Iran entretiennent des relations étroites depuis des années, notamment dans les domaines énergétique et militaire. Ce sommet illustre également les efforts de Moscou pour consolider son rôle dans un ordre mondial où les États-Unis ne sont plus la seule superpuissance dominante.
Lors du sommet, Vladimir Poutine devait rencontrer son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter de la guerre en Ukraine, un conflit qui dure depuis quatre ans et demi sans signe d'apaisement. La Turquie, membre de l'OTAN, a joué un rôle clé dans les tentatives de médiation entre la Russie et l'Ukraine, accueillant plusieurs cycles de négociations par le passé. Cependant, les discussions sont aujourd'hui dans l'impasse, et les positions des deux camps restent éloignées. La Turquie tente de maintenir un équilibre entre ses relations avec la Russie et son appartenance à l'Alliance atlantique. Ce contexte montre les défis auxquels font face les acteurs régionaux pour naviguer dans un paysage géopolitique de plus en plus complexe et fragmenté.
La Russie et la Chine ont réaffirmé lors du sommet leur vision d'un *monde multipolaire*, où plusieurs pôles de puissance coexistent et où l'hégémonie américaine est contestée. L'OCS est présentée comme un exemple de cette architecture alternative, aux côtés des Nations unies. Cependant, malgré son ambition, l'organisation reste limitée par ses divisions internes. Par exemple, la Russie et la Chine sont en concurrence en Asie centrale, tandis que la Chine entretient des relations tendues avec l'Inde et le Pakistan. De plus, bien que l'OCS représente une part significative de la population et du PIB mondiaux, ses actions concrètes restent incertaines. Son rôle dans la résolution des crises régionales, comme la guerre en Ukraine ou le conflit Iran-États-Unis, reste à prouver.

