Une cafetière connectée qui envoie un téraoctet de données, 58 fausses boutiques Pokémon et OpenAI accusée de représailles contre ses chercheurs en sécurité : on vous raconte la semaine Cyberguerre
Trois actualités à retenir cette semaine dans le cyberespace, une cafetière connectée qui a généré un volume de trafic impossible à expliquer, une vague d’arnaques qui profite de la ruée sur les 30 ans de Pokémon, et un bras de fer public entre OpenAI et trois chercheurs en sécurité licenciés..
Un informaticien, utilisant le pseudonyme Nomad, a découvert que la cafetière connectée de ses parents avait envoyé 1 008 gigaoctets de données en seulement dix jours. Pour donner une idée de l'ampleur, un gigaoctet équivaut à environ 1 000 photos ou 200 vidéos en basse qualité. Les causes possibles de ce trafic anormal sont soit un bug logiciel entraînant une consommation excessive de données, soit un comportement suspect lié à la surveillance du réseau par l'appareil. À ce stade, aucune confirmation officielle n'a été apportée par le fabricant, Keurig, qui n'a pas encore réagi publiquement. Face à cette situation, Nomad a choisi de déconnecter la cafetière et envisage d'en acheter une nouvelle pour ses parents, par précaution. Ce cas illustre les risques liés aux objets connectés, souvent peu sécurisés, qui peuvent devenir des outils de collecte de données à l'insu de leurs utilisateurs.
Avec le 30e anniversaire de la franchise Pokémon, une vague d'arnaques en ligne a émergé, ciblant les collectionneurs. En quelques semaines, 58 fausses boutiques ont été recensées, proposant en précommande des coffrets commémoratifs sans stock réel. Ces sites, souvent très réalistes grâce à l'utilisation d'outils d'intelligence artificielle pour créer des vitrines fictives, exploitent la peur de manquer (FOMO, Fear Of Missing Out) pour inciter à l'achat rapide. La plateforme communautaire Pokéscam a ajouté 42 de ces faux sites à sa liste en septembre, soit une augmentation brutale des signalements. Les victimes, espérant obtenir des cartes ou des produits officiels, se retrouvent sans leur achat et avec des informations bancaires compromises. Ce phénomène montre comment l'IA facilite la création de contenus trompeurs à grande échelle.
OpenAI, l'entreprise derrière le célèbre chatbot *ChatGPT*, a licencié trois chercheurs en sécurité, accusés d'avoir partagé des informations confidentielles sans préciser les détails. Les chercheurs licenciés ont publié une lettre publique pour défendre leur position, affirmant n'avoir traité aucune donnée sensible de manière illégale. OpenAI, de son côté, maintient sa décision, évoquant un *abus de confiance majeur*. Cette affaire prend une dimension publique, avec des critiques envers la transparence de l'entreprise. Parallèlement, OpenAI annonce son intention d'intégrer davantage d'évaluateurs externes pour renforcer la sécurité de ses intelligences artificielles. Ce bras de fer soulève des questions sur la gestion des données sensibles dans le secteur de l'IA et sur les pratiques des entreprises technologiques face à leurs employés.

