Le Hamas dissout ses instances dirigeantes à Gaza, une “opération de sauvetage” ?
En dissolvant son comité d’urgence, qui administre Gaza depuis sa prise de contrôle de l’enclave, en 2007, le mouvement palestinien veut afficher sa volonté de céder la gestion du territoire au comité technocratique créé dans le cadre du plan Trump. Israël dénonce une manœuvre qui ne règle pas la question centrale du désarmement.
Le 6 juillet 2026, le Hamas, mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, a annoncé la dissolution de son comité d’urgence chargé de gérer l’enclave. Cette décision s’inscrit dans une volonté affichée de transférer le pouvoir à une nouvelle instance, le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG). Ce comité, composé de technocrates palestiniens, doit reprendre les rênes de Gaza dans un contexte marqué par une guerre prolongée et une occupation israélienne de plus de la moitié du territoire. Le Hamas avait déjà exprimé à plusieurs reprises, depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre 2025, sa volonté de ne plus assurer la gouvernance de Gaza. Cette dissolution est présentée comme une étape vers une solution politique, mais son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète dans un environnement politique et militaire complexe.
Le Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG) est une instance composée de technocrates palestiniens, c’est-à-dire des experts et professionnels sans affiliation politique marquée. Son rôle est de prendre en charge l’administration de Gaza, une tâche actuellement vacante depuis la dissolution du comité d’urgence du Hamas. Le NCAG est basé au Caire, en Égypte, où il devra gérer les multiples crises humanitaires, politiques et économiques qui frappent la bande de Gaza. Selon le journal palestinien Al-Quds, cette transition revêt une « importance capitale et une nécessité urgente », car elle permettrait de stabiliser la situation dans un contexte où Gaza est « enguée dans une multitude de crises et de défis ». Le NCAG devra notamment coordonner avec les autorités israéliennes et internationales pour faciliter la reconstruction et la gestion des services publics dans l’enclave.
La dissolution du comité du Hamas s’inscrit dans le cadre du plan proposé par l’ancien président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza. Ce plan vise à établir une gouvernance alternative à celle du Hamas, perçu comme un obstacle à la paix par Israël et une partie de la communauté internationale. Cependant, sa mise en œuvre semble avoir rencontré des obstacles ces derniers mois, retardant la résolution du conflit. Le transfert des pouvoirs au NCAG est présenté comme une étape clé pour relancer ce plan, bien que son succès dépende de l’acceptation des différentes parties prenantes, y compris les factions palestiniennes rivales et les autorités israéliennes. Le cessez-le-feu en vigueur depuis octobre 2025 avait déjà ouvert la voie à des discussions sur une gouvernance partagée, mais les défis logistiques et politiques restent nombreux.
La bande de Gaza, ravagée par des années de conflit, fait face à des défis majeurs : plus de la moitié de son territoire est occupée par Israël, et les infrastructures civiles (hôpitaux, écoles, réseaux d’eau) sont largement détruites. La dissolution du comité du Hamas et la transition vers le NCAG surviennent dans ce contexte de crise humanitaire aiguë. Le journal *Al-Quds* souligne que cette transition doit se faire « dans un contexte politique et militaire tendu », où les tensions entre factions palestiniennes, les pressions israéliennes et les attentes de la population compliquent la tâche du nouveau comité. La réussite de cette opération dépendra de sa capacité à rétablir des services essentiels et à gagner la confiance des habitants, dans un environnement où la méfiance envers les autorités est profonde.

