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Des robots utilisés en serres pour greffer les plants de tomates

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 1 j

La majorité des serriculteurs utilisent des plants greffés..

Qu'est-ce que la greffe

La greffe est une technique horticole ancienne, utilisée depuis au moins 1560 avant Jésus-Christ en Chine, et mentionnée dans les textes de la Grèce antique et de l’Empire romain. Elle consiste à assembler deux plantes différentes pour en former une seule, combinant leurs avantages. La partie inférieure, appelée porte-greffe, est choisie pour ses racines robustes et sa résistance aux maladies. La partie supérieure, le greffon, est sélectionnée pour la qualité de ses fruits. Cette méthode permet d’obtenir des plants plus résistants et productifs, tout en optimisant l’espace de culture. Par exemple, une culture de melons d’eau greffés peut produire cinq fois plus qu’une culture non greffée. Aujourd’hui, cette technique est largement utilisée dans les serres, notamment pour les tomates, où elle est devenue essentielle pour maximiser les rendements tout au long de l’année.

La greffe manuelle

Jusqu’à récemment, la greffe des plants de tomates était réalisée manuellement par des experts, car l’opération est délicate et nécessite une grande précision. En Amérique du Nord, plus de 40 millions de plants de tomates greffés étaient produits chaque année en 2008, un chiffre qui a probablement augmenté depuis. Au Québec, l’entreprise Savoura greffe elle-même 1,2 million de plants par an dans ses serres de Mirabel. Selon Richard Dorval, vice-président à la production de Savoura, la greffe est devenue indispensable pour augmenter la production et assurer une récolte optimale toute l’année. Cependant, cette méthode présente des défis : elle dépend de la disponibilité de main-d’œuvre qualifiée, souvent difficile à recruter, et les greffeurs humains peuvent transmettre des maladies aux plants, posant des problèmes de biosécurité.

L'automatisation du greffage

Pour répondre aux défis de la greffe manuelle, des entreprises comme Ontario Plants, l’un des principaux pépiniéristes canadiens, investissent dans des robots greffeurs. Ces machines visent à automatiser une partie du processus, notamment la sélection des plants et la coupe des tiges. Par exemple, Ontario Plants a acquis un robot capable de sélectionner les plants en fonction de leur diamètre et de leur hauteur grâce à des caméras et à l’intelligence artificielle. Cependant, le robot greffeur actuel n’effectue que 50 % du travail : il coupe le porte-greffe et place une pince pour maintenir les deux parties ensemble. Le reste du processus, comme la fixation du greffon, nécessite encore l’intervention humaine en raison des variations naturelles des tiges. Le robot peut produire jusqu’à 4 000 plants par heure et fonctionne 24 heures sur 24, ce qui permet de pallier le manque de main-d’œuvre et d’améliorer la biosécurité.

Les défis de la robotisation

Malgré les avancées technologiques, l’automatisation du greffage n’est pas encore parfaite. Pieter van Dijk, directeur de la technologie et de l’innovation chez Ontario Plants, explique que les robots atteignent un taux de réussite variable selon les lots : 99,9 %, 90 % ou 80 %, contre 99,9 % pour la greffe manuelle. Les défis incluent la standardisation des plants pour répondre aux exigences des machines et la formation des opérateurs pour ajuster les paramètres. L’objectif est d’atteindre une automatisation à 100 %, comme c’est déjà le cas aux Pays-Bas, où les robots greffeurs sont plus performants. Les principaux développeurs de ces robots se trouvent en Europe et en Asie, et une quinzaine de machines complètes sont actuellement en activité dans le monde. Ontario Plants a acheté trois de ces robots, vendus à plus d’un million de dollars chacun.

Ce que ça pourrait changer

L’investissement dans les robots greffeurs représente un coût élevé, mais il est justifié par plusieurs avantages économiques. Pieter van Dijk souligne que ces machines permettent de produire plus de nourriture par mètre carré, ce qui est crucial pour répondre à la demande croissante en légumes. Par exemple, la greffe des melons d’eau peut multiplier par cinq le rendement par rapport à une culture non greffée. De plus, les robots fonctionnent en continu, sans pause, et réduisent les risques de transmission de maladies, améliorant ainsi la qualité des plants. Bien que l’automatisation ne soit pas encore totale, elle offre une solution durable pour les producteurs, notamment dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et de pression pour augmenter les rendements agricoles. Les robots greffeurs pourraient donc jouer un rôle clé dans l’avenir de l’agriculture sous serre.

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