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Christa Pike est sous respirateur artificiel après l’échec de son exécution

Le Devoir · mis à jour il y a 12 j

Les autorités du Tennessee n’ont fourni aucune explication sur ce qui s’est passé..

Échec d'exécution

L’exécution de Christa Pike, condamnée à mort dans le Tennessee (États-Unis), a échoué mercredi après une tentative qui a duré plus d’une heure. Selon ses avocats, l’équipe chargée de l’exécution a administré deux doses de pentobarbital, un médicament utilisé pour les injections létales, mais sans succès. Pike est restée inconsciente et a été placée sous respirateur artificiel à l’hôpital. Les autorités n’ont fourni aucune explication sur ce qui s’est passé, mais ses avocats évoquent des problèmes techniques : les perfusions n’étaient pas correctement placées, permettant au médicament de s’écouler dans son corps plutôt que dans sa circulation sanguine. L’État a ordonné une enquête indépendante et reporté sans date fixe l’exécution de Pike, ainsi qu’une autre prévue cette année.

Problèmes techniques

Les avocats de Christa Pike ont révélé que l’équipe d’exécution n’a pas remarqué que les veines de la condamnée avaient cédé, permettant au pentobarbital de pénétrer dans son corps sans atteindre correctement son système sanguin. Au lieu de corriger cette erreur, une deuxième dose a été administrée, aggravant la situation. Les avocats ont également indiqué que sept aiguilles au moins ont été insérées dans le bras gauche de Pike, sans que ni la première ni la deuxième dose ne produise l’effet escompté. Pike ronflait encore une heure après le début de la tentative, signe que le médicament n’avait pas agi comme prévu. Ces dysfonctionnements ont soulevé des questions sur la fiabilité des procédures d’exécution dans l’État.

Contexte historique

Le Tennessee a une histoire récente de dysfonctionnements dans les exécutions. En 2022, l’exécution d’Oscar Smith avait été suspendue car l’État n’avait pas vérifié que les médicaments utilisés étaient correctement testés. Un rapport avait ensuite révélé que l’État n’avait pas respecté son propre protocole d’injection létale depuis 2018, utilisant des produits non testés. À l’époque, le protocole comprenait trois médicaments : le midazolam (un sédatif), le bromure de vécuronium (un paralysant musculaire) et le chlorure de potassium (qui arrête le cœur). Depuis, le Tennessee utilise uniquement le pentobarbital, un barbiturique qui provoque un coma profond avant l’arrêt cardiaque.

Réactions et conséquences

L’échec de l’exécution a relancé le débat sur la peine de mort aux États-Unis. Le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a ordonné une enquête indépendante et demandé une révision des procédures. Des législateurs républicains ont suggéré d’abandonner les injections létales à base d’un seul médicament et d’envisager d’autres méthodes. La mère de la victime, May Martinez, a exprimé sa frustration, déclarant : « Je n’ai pas obtenu justice pour ma fille ». Les avocats de Pike ont demandé la conservation de toutes les preuves pour comprendre ce qui s’est passé et garantir la responsabilité des acteurs. Le bourreau de l’État, dont l’identité n’a pas été divulguée, n’a suivi aucune formation officielle en santé et a appris sur le terrain.

Ce que ça pourrait changer

Christa Pike, 40 ans, avait 18 ans lorsqu’elle a participé au meurtre de Colleen Slemmer, une camarade de classe, avec son petit ami. Elle a été condamnée à mort en 1996, devenant l’une des plus jeunes femmes condamnées à cette peine aux États-Unis. Pike a été diagnostiquée avec un *trouble bipolaire* et un *syndrome de stress post-traumatique*. Dans une demande de grâce, elle avait déclaré : « Il m’a fallu de nombreuses années pour réaliser la gravité de ce que j’avais fait ». Son crime a bouleversé plusieurs vies, et elle a exprimé des regrets dans ses déclarations.

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