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Géopolitique

En signant un accord sur le nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, Trump ouvre-t-il la voie à une prolifération nucléaire au Moyen-Orient ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 15 j

La Maison-Blanche pourrait signer dès aujourd’hui, mercredi 22, un accord de 30 ans autorisant des entreprises américaines à développer un programme nucléaire civil en Arabie saoudite. L’article En signant un accord sur le nucléaire civil avec l’Arabie saoudite, Trump ouvre-t-il la voie à une prolifération nucléaire au Moyen-Orient ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Accord nucléaire USA-Arabie

La Maison-Blanche, dirigée par Donald Trump, s'apprête à signer un accord de 30 ans avec l'Arabie saoudite pour développer un programme nucléaire civil dans le royaume. Cet accord, discuté depuis plusieurs années et déjà envisagé sous l'administration Biden, pourrait être officialisé aujourd'hui, le 22 juillet 2026, par le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, et son homologue saoudien, Abdulaziz bin Salman Al Saud. L'objectif principal est de permettre à des entreprises américaines de construire des réacteurs nucléaires en Arabie saoudite. Après une période d'étude de deux ans, le projet prévoit également la construction d'une installation d'enrichissement d'uranium, un processus nécessaire pour produire du combustible nucléaire ou, dans certains cas, du matériel utilisable pour une arme nucléaire.

Différences avec l'accord des Émirats

Contrairement à un accord similaire signé en 2009 entre les États-Unis et les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite ne serait pas soumise aux mêmes restrictions strictes. Par exemple, Riyad ne serait pas obligé de signer un protocole additionnel avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), une organisation internationale qui veille à ce que l'énergie nucléaire soit utilisée uniquement à des fins pacifiques. Cette absence de contraintes soulève des inquiétudes quant au risque de détournement de l'uranium enrichi vers des usages militaires. L'AIEA utilise des inspections et des vérifications pour empêcher la prolifération nucléaire, c'est-à-dire la diffusion d'armes nucléaires ou de technologies permettant de les fabriquer.

Risque de prolifération nucléaire

L'accord suscite des craintes quant à une possible prolifération nucléaire au Moyen-Orient. Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, avait déclaré en 2018 que l'Arabie saoudite n'avait pas l'intention de se doter de l'arme nucléaire, mais qu'elle le ferait si l'Iran en développait une. Cette déclaration illustre la course aux armements nucléaires qui pourrait s'engager dans la région. Israël, seul pays du Moyen-Orient actuellement doté de l'arme nucléaire, a exprimé son inquiétude face à cet accord, craignant une escalade militaire. Les responsables américains affirment que Washington mettrait en place des garanties pour empêcher l'uranium enrichi d'être détourné à des fins militaires, mais ces mesures restent à préciser.

Garanties américaines et enjeux économiques

Les États-Unis promettent de contrôler l'utilisation de l'uranium enrichi et de s'assurer que le combustible usé issu des réacteurs ne soit pas retraité pour fabriquer une bombe. Cependant, ces garanties ne sont pas détaillées dans l'article. Par ailleurs, cet accord représente une opportunité économique majeure pour les entreprises américaines, qui pourraient percevoir plusieurs dizaines de milliards de dollars pour la construction d'infrastructures nucléaires. Pour l'Arabie saoudite, ce projet permettrait de diversifier son économie en réduisant sa dépendance au pétrole, tout en utilisant l'énergie nucléaire pour alimenter des centres de données dédiés à l'intelligence artificielle.

Contexte géopolitique tendu

Cet accord s'inscrit dans un contexte géopolitique marqué par les tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran, ainsi que par la guerre qui oppose les deux pays. Avant le début du conflit en septembre 2025, l'Arabie saoudite avait signé un accord de défense avec le Pakistan, incluant une clause de défense mutuelle. Cet accord place de facto le royaume sous le parapluie nucléaire du Pakistan, un pays déjà doté de l'arme nucléaire. Contrairement à ce qui était envisagé sous l'administration Biden, l'administration Trump ne conditionne pas cet accord à une normalisation des relations entre l'Arabie saoudite et Israël, un objectif pourtant prioritaire pour Trump.

Ce que ça pourrait changer

Les États-Unis voient dans cet accord une manière de contrer l'influence de la Chine et de la Russie au Moyen-Orient. Rosatom, l'entreprise publique russe spécialisée dans le nucléaire, avait déjà signé des accords préliminaires avec l'Arabie saoudite en 2015 et 2017. En proposant un partenariat nucléaire civil aux Saoudiens, Washington cherche à renforcer sa présence dans la région et à sécuriser des contrats lucratifs pour ses entreprises. Cet accord pourrait ainsi servir les intérêts économiques et stratégiques des États-Unis, tout en limitant l'expansion de ses rivaux.

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