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Pourquoi vous vous réveillez souvent entre trois et quatre heures du matin et comment vous assurez de pouvoir dormir à nouveau toute la nuit

Science & Vie · mis à jour il y a 18 h

Se réveiller la nuit vers trois heures ne traduit pas un trouble du sommeil. L'organisme relâche alors son pic de cortisol, juste au moment où le sommeil devient le plus léger.

Pic de cortisol nocturne

En novembre 2022, des chercheurs de l’Oregon Health and Science University ont mené une étude publiée dans Frontiers in Neuroscience pour comprendre pourquoi nous nous réveillons souvent vers trois ou quatre heures du matin. Leur protocole a consisté à décaler progressivement l’horaire de coucher de 34 adultes, dont 20 femmes, afin de dissocier l’effet du sommeil de celui du rythme circadien. Ce dernier est une horloge interne qui régule les cycles biologiques sur 24 heures, comme la faim, la fatigue ou la température corporelle. Les scientifiques ont mesuré le pic de cortisol, une hormone liée au stress, qui atteint son maximum vers 3 h 40 du matin en heure interne, indépendamment de l’heure de coucher ou de réveil. Ce pic hormonal est programmé et ne signale pas un problème de sommeil.

Sommeil léger et température

La nuit est composée de cycles de sommeil d’environ 90 minutes, alternant entre sommeil profond (surtout en début de nuit) et sommeil léger ou sommeil paradoxal (vers la fin de nuit, après trois heures du matin). Le sommeil profond est essentiel pour la récupération physique et mentale, tandis que le sommeil paradoxal est associé aux rêves et à la consolidation de la mémoire. Vers quatre heures du matin, la température corporelle atteint son minimum, ce qui prépare naturellement le corps au réveil. Ces phases de sommeil léger rendent les réveils plus fréquents et plus faciles, même en cas de bruits mineurs. La plupart du temps, ces micro-éveils passent inaperçus, mais leur mémorisation peut transformer une nuit en une série de réveils conscients.

Rôle de l'alcool et du sucre

L’alcool consommé le soir accélère l’endormissement en agissant comme un dépresseur du système nerveux, mais son élimination par le foie vers trois ou quatre heures du matin provoque un effet rebond. Ce dernier se traduit par une augmentation du cortisol et une perturbation du sommeil, favorisant les réveils nocturnes. De même, un repas très sucré en soirée entraîne une chute brutale de la glycémie (taux de sucre dans le sang), ce qui déclenche une décharge d’adrénaline et de cortisol. Ces hormones, associées au stress, maintiennent l’éveil et rendent le retour au sommeil plus difficile. Les soucis, amplifiés par ce contexte hormonal, semblent alors insurmontables à cette heure.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter les réveils nocturnes, les spécialistes du sommeil recommandent d’éviter de regarder l’heure, car cela crée une tension inutile en calculant les heures restantes avant le lever. Si le sommeil ne revient pas après une vingtaine de minutes, il est préférable de quitter le lit et de s’asseoir dans un fauteuil avec une lumière tamisée, en lisant un livre calme. Le retour au lit doit attendre le premier signe de somnolence. De plus, réduire la consommation d’alcool et de sucres le soir diminue les risques de *rebond hormonal* et de réveils nocturnes. Enfin, tourner le réveil contre le mur élimine la tentation de vérifier l’heure et réduit le stress associé.

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