Qu’est-ce que la “montagne de la Pioche”, en Iran
Proche de l’usine d’enrichissement bombardée de Natanz, ce site souterrain était supposé devenir une usine d’assemblage de centrifugeuses. Selon des fuites israéliennes, l’Iran y aurait déplacé une partie des ressources de son programme nucléaire.
La montagne de la Pioche (Pickaxe Mountain) est un site nucléaire iranien situé près de Natanz, une ville connue pour son complexe d'enrichissement d'uranium. Ce site, construit à partir de 2020 et déclaré officiellement comme une future usine d'assemblage de centrifugeuses (machines qui séparent les isotopes de l'uranium pour produire du combustible nucléaire), reste entouré de mystère. Contrairement au site de Natanz, bombardé en juin 2025 puis en mars 2026 par Israël et les États-Unis, la montagne de la Pioche est une installation fortifiée en profondeur, protégée par des tunnels renforcés et un périmètre de sécurité. Selon des images satellites, des travaux d'aménagement y ont été accélérés en 2025, mais son rôle exact reste flou : assemble-t-il des centrifugeuses ou abrite-t-il d'autres activités nucléaires ?
D'après des renseignements israéliens transmis aux États-Unis, l'Iran aurait déplacé en automne 2025, après les bombardements de 2025, des centaines de centrifugeuses vers la montagne de la Pioche. Ces machines, essentielles pour enrichir l'uranium, auraient été transférées depuis d'autres sites nucléaires iraniens pour les protéger. De plus, une partie des 400 kilogrammes d'uranium très enrichi (un matériau pouvant servir à fabriquer une bombe atomique) stockés en Iran aurait également été déplacée vers ce site. Ces mouvements viseraient à protéger les infrastructures nucléaires iraniennes des attaques extérieures, mais ils augmentent aussi les tensions régionales, car ils pourraient être interprétés comme une tentative de relancer un programme nucléaire militaire.
Le 21 juillet 2026, le président américain Donald Trump a menacé de bombarder la montagne de la Pioche, déclarant : « Nous allons frapper cet endroit dans pas longtemps, très probablement ». Cette déclaration intervient après des fuites de renseignements israéliens suggérant que l'Iran y aurait déplacé des équipements et des stocks sensibles. Trump avait déjà évoqué cette cible le 13 juillet, lors d'une interview, en utilisant une expression imagée : « une cible possible pour un bon gros tir ». Ces propos s'inscrivent dans une stratégie de pression maximale sur l'Iran, mais ils risquent d'aggraver les tensions, déjà élevées depuis les bombardements de 2025 et 2026.
La montagne de la Pioche, enfouie à au moins 100 mètres sous terre, représente une cible extrêmement difficile à neutraliser. Même les bombes antibunker (conçues pour pénétrer les bunkers souterrains), comme celles utilisées par les États-Unis en juin 2025 contre l'usine de Fordo en Iran, pourraient ne pas suffire à détruire ce site. Les experts sont divisés : certains estiment que les États-Unis et Israël pourraient cibler des points vulnérables comme les systèmes de ventilation, de chauffage ou d'approvisionnement, tandis que d'autres, comme James Acton du Carnegie Endowment for International Peace, pensent que seules les entrées des tunnels pourraient être détruites, sans impact majeur sur les activités souterraines.
L'Iran a prévenu que toute attaque contre ses sites nucléaires équivaudrait à une extension de la guerre dans la région. Ces menaces surviennent dans un contexte où les hostilités entre l'Iran, Israël et les États-Unis se sont intensifiées depuis une dizaine de jours. Ali Vaez, expert de l'Iran à l'International Crisis Group, a souligné que les fuites de renseignements israéliens sur la montagne de la Pioche pourraient être une tentative délibérée d'empêcher un retour à la diplomatie et de pousser les deux camps vers un conflit sans fin. Les déclarations de Trump et les mouvements de troupes suggèrent que la situation pourrait dégénérer rapidement.
Les affirmations sur les activités nucléaires à la montagne de la Pioche sont contestées. Une source en Iran a affirmé à CNN que ces allégations étaient fausses, tandis que des experts comme David Albright de l'*Institute for Science and International Security* (Isis) estiment que le site semble bien plus vaste que nécessaire pour un simple assemblage de centrifugeuses. L'Isis et d'autres think tanks spécialisés dans la non-prolifération nucléaire surveillent de près ce site, mais son rôle exact reste incertain. Les États-Unis et Israël pourraient-ils l'attaquer sans preuve définitive de ses activités ? La question reste ouverte, mais les risques d'une escalade militaire sont bien réels.

