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Environnement

« Si nos dirigeants étaient jardiniers, auraient-ils plus d'empathie ? »

Reporterre · mis à jour il y a 19 j

« Qui aurait pu prédire ? » demandait Emmanuel Macron en 2022. Ceux qui cultivent la terre n'ont pas eu d'autre choix, eux, que d'anticiper les conséquences du réchauffement climatique, écrit notre journaliste dans cette chronique.

Jardiniers vs dirigeants

L’auteure, jardinière dans les Cévennes, compare son expérience du changement climatique à celle des dirigeants politiques. Alors que les jardiniers doivent anticiper les effets du réchauffement pour leurs cultures, les dirigeants semblent ignorer ces réalités. Par exemple, Emmanuel Macron déclarait en 2022 : « Qui aurait pu prédire la crise climatique aux effets spectaculaires cet été dans notre pays ? », alors que les jardiniers, eux, intègrent dès 2017 ces enjeux dans leurs pratiques. L’article souligne un décalage entre ceux qui subissent directement les conséquences (comme les jardiniers ou les agriculteurs) et ceux qui, protégés par leur statut, peuvent se permettre de ne pas agir.

Adaptation au climat

Face aux canicules et à la sécheresse, les jardiniers adaptent leurs méthodes. Ils choisissent des variétés de fruitiers résistantes à la chaleur, comme des agrumes, des oliviers ou des arbres exotiques (avocatiers, feijoas), et des porte-greffes moins gourmands en eau. Au potager, ils testent des paillages pour conserver l’humidité et améliorent leur gestion de l’eau. Cependant, l’auteure précise que ces adaptations limitent les dégâts sans résoudre le problème : « L’adaptation limite les dégâts mais ne suffira pas. La seule façon de limiter le chaos est de réduire les émissions. » Les agriculteurs, même prévoyants, subissent des pertes malgré leurs efforts.

Empathie et vivant

Le lien entre les jardiniers et leur environnement crée une empathie forte avec le vivant. L’auteure explique que voir ses arbres fruitiers souffrir ou prospérer selon les aléas climatiques renforce cette sensibilité. Elle souligne que cette empathie est absente chez certains dirigeants : « Si seulement ils étaient jardiniers, peut-être auraient-ils un lien sensible au vivant. » Par exemple, le présentateur Yann Barthès a comparé en 2026 la chaleur subie par les habitants de logements précaires à celle de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, illustrant un déni des inégalités face au climat.

Modèle idéologique

L’article pointe un blocage structurel : les dirigeants agissent selon un modèle idéologique qui justifie leurs privilèges et leur inaction climatique. L’auteure cite la loi d’urgence agricole votée en 2026, ainsi que des références à George Sand pour minimiser les canicules, comme des exemples de cette inertie. Elle suggère que leur position sociale les isole des réalités concrètes, contrairement aux jardiniers, contraints de s’adapter. « Enfermés dans un modèle idéologique qui justifie leurs avantages, leur position, il n’est pas question pour eux de dévier. »

Ce que ça pourrait changer

Malgré l’angoisse climatique, l’auteure trouve une forme de résilience dans son potager. Les récoltes abondantes de l’été 2026, bien que contrastant avec la sécheresse, symbolisent un espoir : *« Si l’on prédit, tout n’est pas perdu. Pour l’instant. »* Elle insiste sur l’importance de l’anticipation, même si elle ne suffit pas à résoudre la crise. Son travail au jardin devient un acte de résistance face à l’inaction des dirigeants, tout en lui offrant un ancrage concret dans un monde en mutation. *« Un luxe que je peux me permettre »*, écrit-elle, soulignant le privilège de pouvoir se concentrer sur ces enjeux.

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