NapseflowNapseflow
Numérique

« Un jeu acheté aujourd’hui sera-t-il encore jouable dans 30 ans ? »

Next.ink · mis à jour il y a 6 j

Il faut parfois fouiller un peu pour trouver un bouquin sorti il y a deux siècles, regarder un film de Méliès, admirer une toile de la Renaissance ou écouter de la pop-indus de l’underground finlandais des années 80… mais dans la plupart des cas, et avec un peu de persévérance, il est relativement aisé de […].

Jeu vidéo : un art fragile

Le jeu vidéo, souvent considéré comme le dixième art, est particulièrement menacé par la disparition des supports et des technologies nécessaires à son fonctionnement. Contrairement à d'autres formes d'art comme la peinture, la littérature ou le cinéma, qui ont développé des méthodes de conservation éprouvées, le jeu vidéo reste vulnérable. Cela s'explique par son lien indissociable avec l'informatique et le numérique, où chaque élément (matériel, logiciel, licence) peut devenir obsolète en quelques décennies. Par exemple, un jeu dépend souvent d'un système d'exploitation, de pilotes, de serveurs en ligne ou de correctifs téléchargeables, autant de composants qui peuvent disparaître avec le temps. La préservation des jeux vidéo n'a donc pas encore trouvé de solution pérenne, malgré les avancées technologiques.

Supports physiques : une illusion

Les supports physiques, comme les CD, DVD ou Blu-ray, sont souvent présentés comme une solution pour préserver les jeux vidéo. Cependant, cette idée est trompeuse. Clemens Istel, fondateur du site DoesItPlay?, souligne que ces supports ne garantissent pas la jouabilité future d'un jeu. En effet, un jeu physique peut nécessiter des téléchargements obligatoires dès sa sortie, des mises à jour ou des comptes en ligne pour fonctionner. Par exemple, Halo: Campaign Evolved sur PS5 est distribué en Blu-ray, mais son installation et son accès nécessitent une connexion à un compte PSN (PlayStation Network) et un compte Microsoft. De plus, les jeux physiques peuvent être retirés de la vente ou modifiés dans les versions numériques, comme c'est le cas pour la trilogie GTA sur PS2, où les versions numériques actuelles diffèrent des originales.

Dépendance au numérique

La majorité des jeux vidéo produits ces vingt dernières années ne sont pas conçus pour des consoles dédiées ou des supports physiques. Franck Cifaldi, directeur de la Video Game History Foundation (VGHF), explique que ces jeux reposent souvent sur des serveurs distants, des correctifs en ligne ou des licences logicielles qui ne sont pas renouvelées. Par exemple, un jeu peut exiger un compte en ligne pour être joué, même s'il est acheté en version physique. Ces dépendances en ligne posent un problème majeur pour la préservation, car les éditeurs peuvent cesser de maintenir les serveurs nécessaires après quelques années. Sans ces serveurs, le jeu devient injouable, même si le support physique est conservé.

Fin des supports physiques

L'annonce de Sony en 2026 a marqué un tournant dans le débat sur la préservation des jeux vidéo. Le constructeur a confirmé la fin des supports physiques pour la PS5 à partir de janvier 2028, une décision qui a suscité de vives réactions parmi les joueurs attachés aux versions physiques. Cette transition vers le tout-numérique aggrave les risques de perte de jouabilité à long terme. En effet, les jeux numériques dépendent entièrement des serveurs, des mises à jour et des licences gérées par les éditeurs. Sans accès à ces services, les jeux deviennent inaccessibles. Sony a également annoncé la fermeture des boutiques en ligne pour la PS3 et la Vita, ce qui signifie que les jeux achetés numériquement sur ces plateformes ne pourront plus être téléchargés ou joués après cette date.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces défis, des initiatives comme le site *DoesItPlay?* ou la *Video Game History Foundation* tentent de documenter les jeux jouables hors ligne et de préserver les versions originales. Cependant, ces efforts restent limités. Les jeux physiques ne suffisent pas à garantir la jouabilité future, car ils peuvent inclure des correctifs ou des dépendances en ligne. De plus, la majorité des jeux récents ne sont pas conçus pour être joués hors ligne. Pour Franck Cifaldi, la solution ne réside pas uniquement dans la conservation des supports, mais dans une approche globale incluant l'archivage des serveurs, des logiciels et des licences. Sans une coordination entre éditeurs, constructeurs et institutions, la préservation des jeux vidéo reste incertaine.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.